Edward Sharpe & The Magnetic Zeros – ‘PersonA’

Album / Community Music Group / 15.04.2016
Communion pop jazz

Quelque chose a changé au sein des Magnetic Zeros, et non des moindres. En effet, depuis le dernier album éponyme du groupe sorti en 2013, la charismatique Jade Castinos – seule voix féminine du collectif – s’est fait la malle, laissant Alex Ebert combler son absence en s’émancipant. Fort notamment d’un Golden Globe pour la musique du film ‘All Is Lost’, il s’est rapidement replongé dans la continuité de son oeuvre, convoquant ses neuf musiciens pour un voyage à la Nouvelle Orléans qui allait s’avérer bien plus influent qu’il ne s’y attendait. En effet, tout au long de ces dix titres, et à l’image de ‘Hot Coals’, premier single ouvrant l’album, l’héritage jazz de la région s’est frayé un chemin jusque dans les compositions du groupe, colorant ‘PersonA’ d’une ton inédit dans sa discographie : celui du jazz (‘Wake Up The Sun’). Comme pour confirmer ce qu’on entrevoyait déjà au fil du dernier disque, cette maturité affichée par ce groupe de potes devenus de véritables musiciens.

Et avec cette évolution quelque peu logique, la difficulté de conserver le caractère authentique et spontané incarné par une pop libre, joyeuse et optimiste, reflet du savoir faire incontesté de Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Si la troupe a peut être perdu un peu de la légèreté si communicative de ses débuts, elle n’en a manifestement pas oublié cette sève hippie qui coule depuis longtemps en elle. Ainsi, à’ l’instar de ses prédécesseurs, PersonA’ réserve lui aussi quelques jolis moments de communion, une poignée de chansons à entonner en choeurs, bras dessus bras dessous, entre deux taffes de spliff et deux machouillages de queues de pissenlit (‘No One Like Yours’, ‘Somewhere’ et ses allures de berceuses à la Cat Stevens, ‘Free Stuff’, The Ballad of Yaya’).

Entre ces deux tendances de l’album, Ebert tente de poser sa carte de crooner, mais en vain. Car, si la prise de risque et une évolution naturelle restent compréhensibles, Edward Sharpe & The Magnetic Zeros devient bancal dès lors qu’il ne s’affiche plus en véritable collectif. Un rappel à l’ordre donc, qui ne vient en rien gâcher la qualité de ce ‘PersonA’ en tous points fidèle aux messes déjà données par cette généreuse secte dans le passé.

‘No One Like Yours’, ‘Somewhere’, ‘Free Stuff’

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