Edward Sharpe & The Magnetic Zeros – « Edward Sharpe & The Magnetic Zeros »

Album
(Vagrant / Community Music)
22/07/2013
Messe pop psyché

Il suffit parfois d’un tube, d’un vrai, pour que l’étincelle se transforme en feu d’artifice. Edward Sharpe & The Magnetic Zeros ne nous contrediront pas sur ce point tant leur « Home » les suit depuis leur début tel un ange gardien. Attendu comme bouquet final à chacune de leurs apparitions, le titre ne nous lâche plus non plus, régulièrement utilisé qu’il est par les publicitaires. Il suffisait d’ailleurs d’allumer sa télé ces dernières semaines pour entendre les californiens à chaque décrochage: parfait pour aider les salles à afficher complet, et susciter l’enthousiasme à l’arrivée d’un nouvel album initialement prévu en fin d’année dernière, mais qui aura finalement attendu un soleil qui lui va définitivement mieux au teint.

Il faut dire que, portée depuis toujours par une bonne humeur communicative, sa musique n’est pas vraiment taillée pour les jours de grisaille. Ce cru 2013 – produit par Alex Ebert lui-même – ne fera donc pas exception en s’inscrivant dans la droite lignée de son prédécesseur « Here » qui, comme lui, ne comptait aucun morceau capable d’emboiter le pas de « Home », préférant s’attarder sur sa cohérence générale et enfoncer le clou de la marque de fabrique de ses géniteurs. Véritablement porté par sa dizaine de musiciens, Edward Sharpe & The Magnetic Zeros n’est donc plus une bande d’apôtres au service de son Jésus des temps modernes, mais un collectif des plus solides.

Preuves en sont le dévouement de chacun des membres aux compositions, l’absence totale de démonstration, comme l’affirmation de Jade Castrinos, très présente au chant jusqu’à s’offrir un morceau pour elle toute seule (« Remember To Remember »). Sans jamais changer son fusil d’épaule, et dès l’entame « Better Days » ou ses éternelles influences soul, pop et psyché se réunissent autour d’un refrain gospel, la troupe irradie donc comme à son habitude son optimisme, sa jovialité, sa bonne humeur et son authenticité. Déjà conquise, l’oreille se laisse alors endoctriner par la moindre mélodie efficace (les countrisant « Country Calling » et « Let’s Get High » progressant vers la soul, « If I Were Free »), comme par les quelques douceurs dont le groupe a le secret (« Two », « Life Is Hard », « Please! » taillé pour les messes de Harlem).

Légèrement plombé par un petit passage à vide au cours de sa seconde moitié (« In The Lion », « They Were Wrong », « In The Summer »), ce nouvel album de Edward Sharpe & The Magnetic Zeros n’est pas sans tenir ses promesses. Mieux que cela, à défaut d’être promis à l’intemporalité de « Up From Below », il rassure quant au fait qu’une reconnaissance acquise à vitesse grand V n’est pas toujours synonyme d’appauvrissement musical et de concessions. Beaucoup d’autres devraient en prendre de la graine.

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