Earl Chinna Smith – « Earl « Chinna » Smith & Idrens Vol. 2″

Earl [Album]
13/10/2008
(Makasound/Pias)

Avec déjà neuf albums dans les bacs, la collection Inna De Yard connaît depuis son lancement un très bon rythme de croisière, nourrie en moyenne par deux sorties annuelles. Pour le dixième opus de la série, Earl « Chinna » Smith, un des grands initiateurs du projet, qu’il avait d’ailleurs inauguré en janvier 2005 par « Earl « Chinna » Smith & Idrens« , revient sur le devant de la jaquette.

En deuxième volume de ce premier opus, ce nouveau « Inna De Yard » rassemble plusieurs artistes, bien habitués à la « yard » et aux riffs acoustiques du guitariste. Un album qui présente donc un tracklisting alléchant composé essentiellement d’inédits, mais ce qu’on avait pressenti depuis un petit moment déjà semble se révéler plus nettement dans ce « Earl « Chinna » Smith & Idrens Vol. 2″: malgré la pertinence et la qualité du projet artistique « Inna De Yard », nos oreilles commenceraient-elles à se lasser du concept? Difficile de répondre à cette question de façon unilatérale. Car si le background musical peine effectivement à se renouveler, manquant parfois cruellement de tonus, et que plusieurs artistes ayant déjà sorti leur « Inna De Yard » personnel prennent tour à tour le micro (notamment les trios The Viceroys, The Mighty Diamonds et The Congos), certains titres donnent malgré tout un nouveau souffle à la collection. On pense par exemple à « Be Careful », enregistré par le fils de Winston McAnuff, Matthew, qui parvient à nous communiquer son énergie débordante à partir d’une rythmique on ne peut plus basique. On tombe par ailleurs volontiers sous le charme de la voix délicieusement soulful de Barry « Merger » Ford sur « Rebel », ou de la sagesse bluesy toujours intacte de Kiddus I sur « Graduation In Zion ». Chinna lui-même s’illustre sur trois morceaux dans lesquels on retrouve avec plaisir sa voix abyssale, bien qu’un peu trop soporifique (surtout quand les titres dépassent les six minutes…). Finalement, avec un tel minimalisme instrumental, inévitablement rébarbatif à la longue, l’originalité ne peut qu’émerger des voix, de leur puissance et de leur capacité à nous transporter, comme parvient si bien à le faire Emmanuel I dans « Greater », simplement accompagné par la guitare mélancolique de Chinna. Au final, ce dernier « Inna De Yard », s’il s’apparente un brin trop à ses prédécesseurs, parvient tout de même à nous convaincre, restant un opus toujours parfait pour s’offrir un bon moment de détente. Surtout, il reflète une fois de plus le travail admirable de tous ces artistes engagés qui tentent de faire revivre le reggae authentique né au coeur des « yards », véritable identité culturelle de l’île jamaïcaine, dans une dynamique de partage et de solidarité.

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