Dub Trio – « IV »

dub180Album
(Roir)
24/10/2011
Dub métal

Depuis 2004 et son premier album « Exploring The Dangers Of« , Dub Trio ne cesse d’avancer à grands pas en enrichissant sa musique d’une nouvelle approche perpétuelle qui rend la formule dub métal, plutôt étriquée sur papier, d’une richesse finalement sans fin. Ainsi, si on croyait le trio au bout de ses possibilités sur un « Another Sound Is Dying » à la fois ambitieux, complet, diversifié et cohérent, il semble que les new yorkais ont encore quelques idées inexplorées dans leur conjugaison de musicalité et de puissance, comme ils se plaisent à le démontrer tout au long de « IV »: une nouvelle salve en partie composée en 2010, au calme d’un village breton avant d’être rodée sur scène, et particulièrement remontée. En effet, si Dub Trio a parfois fait preuve d’une certaine agressivité, notamment à l’époque de « New Heavy« , ce cru 2011 est de loin le plus métal que le groupe ait concocté, également le plus fidèle au son flanqué à la tronche des curieux qui se tassent à leurs concerts pour s’y faire fesser.

Ici donc, à l’exception que sont l’entame « En Passant » et la conclusion « Thousand Mile Stare », explosions hardcore et breaks dub ne se passent plus le relais de façon aussi systématique , les deux influences principales se mêlant l’une à l’autre avec assez de subtilité pour, non seulement faire du combo une entité définitivement à part, mais aussi élever le dub à un niveau d’originalité qu’il n’avait peut être jamais atteint jusqu’ici, pour ne pas dire à celui de concept plus que de style musical à proprement parler (« Swarm », « Patient Zero »). Du coup, et peut être aussi à force de louer ses services à des artistes aussi talentueux et variés que Mike Patton, Mos Def, Tom Morello, Fugees, et… Lady Gaga, Dub Trio se dessine un vaste terrain de jeux oppressant, au relief cabossé (« Control Issue Controlling Your Mind », l’impressionnant « Words »). Toutes griffes dehors, il évolue alors dans des décors souvent agressifs et bruitistes (« Noise » au titre particulièrement bien choisi), parfois plus doux, comme sur « Ends Justify The Means » ou la guitare la met en veilleuse pour mieux lorgner vers le dubstep, ou sur « 1:1.618 » au piano déglingué. Quelques feintes bien inspirées qui ne feront cependant pas oublier que l’ours est affamé et qu’il raffole plus que jamais du miel qui dort dans vos oreilles.

En écoute

« En Passant »

Disponible sur
itunes27

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