Dub Pistols – « Speakers And Tweeters »

Speakers And Tweeters[Album]
26/06/2007
(Sunday Best/Naive)

Si je vous dis Dub Pistols, vous allez sans doute me répondre vaguement big beat, fin des années 90’s, éventuellement remixes de Korn, Limp Bizkit, Moby, Ian Brown… Et ça risque d’être à peu près tout. En tout cas, c’est ce que je vous aurais moi-même répondu..

Le dossier de presse qui accompagne ce nouvel album laisse penser que la carrière du groupe a été (et serait toujours) plus conséquente que ces rapides raccourcis. Admettons… Le parcours de ces Londoniens a sans doute connu des hauts et des bas, mais on peut néanmoins parier que leur nouvel album cible plus particulièrement les trentenaires (voire plus si affinités). Leur mélange de hip hop, de dub, de ska, de pop et d’électro parlera par exemple certainement davantage aux anciens fans de The Freestylers qu’aux fluo-kids qui ne jurent que par Justice, The Klaxons ou Para One. Plus aux vieux cons qu’aux jeunes branleurs, donc

Et la liste des invités n’arrangera pas les choses. On y retrouve des gloires du passé britannique comme le MC cockney Rodney P (du mythique London Posse) ou le chanteur Terry Hall (des encore plus mythiques The Specials). On y entend aussi peut-être pour la dernière fois l’excellent vétéran Blade qui clame pourtant partout (voir son Myspace) qu’il n’aspire plus désormais qu’à prendre sa retraite de rappeur

Le choix des reprises va dans le même sens. Pas sûr que les plus jeunes se souviennent du « Peaches » de The Stranglers, du « Rapture » de Blondie ou du fantastique « Gangsters » de The Specials

Cette nostalgie n’empêche pas « Speakers And Tweeters » d’avoir ses bons moments. On pourrait néanmoins lui reprocher son caractère décousu, plus proche de la compilation de singles que de l’album globalement réfléchi, tant les morceaux diffèrent les uns des autres. Les Dub Pistols passent ainsi de tracks hip hop efficaces (« Speed Of Light », « Speakers And Tweeters », « Mach 10″…) à des ritournelles reggae un peu anecdotiques (« You’ll Never Find », « Stronger »…). Certaines plages sont même franchement inutiles (« Cruise Control », « Gave You Time »…), mais la majorité de ces treize titres se laissent agréablement écouter

Et si le posse anglais ne signe sans doute pas là l’album de l’année, il prouve qu’il a encore le potentiel de squatter les charts internationaux. Un titre comme « Running From The Thoughts » (qui aurait tout à fait pu figurer sur l’album de Junkyard Productions) ne demande par exemple qu’à venir vous titiller durablement l’oreille. Un autre comme « Open » et son air de « Upside Down » de Diana Ross remplirait facilement les dance floors funky des quatre coins de la planète

« Speakers And Tweeters » aurait sans doute connu un plus large succès commercial s’il était sorti il y a une dizaine d’années, mais il serait injuste de l’ignorer pour cette simple raison. Si vous aimez les disques variés, qui ne se (vous?) prennent pas la tête, au feeling bien groovy, celui-ci n’a rien à envier à d’autres plus dans l’air du temps. Parole de vieux con

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