Double U – « The Imaginary Band »

The Imaginary Band[Album]
17/03/2008
(Nocturne/Nocturne)

C’est presque devenu une habitude, ce rendez vous annuel de Double U sonnant l’arrivée d’un nouvel album. Car depuis 2005 et son « A Bottle In The Sea« , Frank Rabeyrolles laisse évoluer son folk entre minimalisme et arrangements électro, soulignant systématiquement une progression à chacun de ses disques. « The Imaginary Band », sa cuvée 2008, ne fait pas exception. Bien au contraire, puisque le Parisien a décidé de mettre les petits plats dans les grands, en laissant son habit de songwritter de home studio dans l’armoire, pour mieux enfiler celui de chef d’orchestre. Peut-être un brin prétentieuse, la démarche a au moins le mérite de confirmer cette tendance qu’a l’artiste de ne pas s’enterrer dans l’acquis, à fuir la routine

Ce quatrième album change donc quelque peu la donne, sort Double U du schéma étriqué compris entre le chant, la guitare et les machines. Cela ne fait pas de doute, le parisien a fini par se sentir seul à la chaleur de sa MPC, et a voulu s’entourer d’autres inspirations humaines, capables de venir porter sa musique vers d’autres sommets, plus hauts encore que ceux déjà arpentés. Pour cela, il a étonnement fait appel à des musiciens de jazz, entendus chez Erik Truffaz (Michel Benita), Sylvain Chauveau (Aurélien Besnard), ou Marc Ducret (Tom Gareil), pour gagner en texture tout en les incitant au minimalisme: une idée quelque peu saugrenue qui promettait une touche plus aboutie, finalement illogique et frustrante au demeurant pour un tel registre

Bien sûr, la recette fait immédiatement son effet, offrant à Double U une profondeur et une richesse de production qu’il n’avait jamais atteint auparavant. « The Imaginary Band » voit chacune de ses compositions peaufinées, flirtant avec la perfection, au point d’être flanqué une approche générale beaucoup trop lisse privant le Parisien de la belle spontanéité dont il pouvait se vanter jusque-là et qui lui donnait cette image de songwritter authentique. Incontestablement, les mélodies sont belles, chaque note est à sa place et ose à peine en bouger, les idées se bousculent… Que d’atouts qui auraient pu lui promettre une reconnaissance tardive et méritée mais qui, par une volonté de trop vouloir bien faire, fait flop là ou Syd Matters, par exemple, y a échappé de justesse. Et puis, pourquoi mettre un moteur de 2CV dans une berline quand elle mène au même port avec encore plus de charme? Une leçon à tirer pour le chemin du retour..

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