Dope Body – ‘Lifer’

Album / Drag City / 20.10.2014
Noise rock & more

Adepte du contre-pied, Dope Body est souvent là ou ne l’attend pas. Formé en 2008 pour un seul concert au Musée d’Histoire Naturelle de Baltimore, le quatuor s’est finalement pris au jeu, cultivant depuis ses débuts un mélange assez équilibré de noise rock cradingue et d’indie rock plus grand public. Rejoint en 2011 par John Jones – batteur des furieux Roomrunner – avant qu’il enregistre ‘Natural History’ un an plus tard avec Jay Robbins, le groupe s’ouvrait au groove et des mélodies plus franches qu’à l’accoutumée. Avec ‘Lifer’, il poursuit son évolution en confortant son assise sur des guitares nineties dont il ne freine désormais plus la moindre envie, qu’elle soit punk, post punk, psychédéliques, ou tout simplement classiques.

Autant de brèches qui tendent la main à une diversité intéressante dès lors que la dense couche électrique d’intro s’estompe. Alors, Dope Body signe avec ‘Repo Man’ un des titres les plus singuliers de sa discographie tant, entre couplets étonnement groovies et refrain explosif, il affiche un relief contrasté. Le ton est donné, et avec lui la difficulté de tenir la cadence sur la longueur de l’album. C’est là que les quatre de Baltimore dégainent les possibilités pour entretenir ce qui fait le noyau de ce ‘Lifer’: la dynamique d’ensemble qui le prive de toute impression de répétition.

Et pour soigner la cohérence de son oeuvre la plus diversifiée à ce jour, Dope Body a eu le bon goût de doubler – au minimum – ses compositions selon leurs influences. Ainsi, quand il ne renoue pas avec sa tradition noise rendue plus mélodique (‘Nu Sensation’, ‘I’d Say To You’), ‘Hired Gun’ et ‘Even In The End’ usent de breaks psychés pour entrecouper une énergie punk assez classique, libérée avec moins d’encombres un peu plus tard sur ‘AOL’ ou ‘Toy’, tandis que ‘Rare Air’ et ‘Day By Day’ font rebondir une basse post punk se perdant dans des montées rock n’roll qui vrillent autant les cervicales que les poussées post grunge de Metz. Plus riche que jamais, Dope Body a donc accouché ici d’assez de nouvelle matière pour se relancer à l’assaut des scènes, là où son énergie débordante marquait parfois plus les esprits que sa seule musique. Ca va changer.

‘Repo Man’, ‘Hired Gun’, ‘Day By Day’, ‘Nu Sensation’

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