Dope Body – ‘Kunk’

Album / Drag City / 28.08.2015
Bouchées noise rock et leur émiétté electro-indus

Si ‘Kunk’ débarque si rapidement après ‘Lifer‘, c’est tout simplement parce que tous deux sont issus de la même session studio. En effet, alors que Dope Body s’affairait l’an passé à l’intéressante diversité affichée par son quatrième album, le groupe s’octroyait également quelques heures d’improvisation en studio, que Travis Harrison se chargeait également d’immortaliser pour que, réécoutées puis triées un peu plus tard, elles fassent la matière de ce nouvel album aussi frustrant qu’intéressant.

Intéressant parce que ‘Kunk’ ne manque pas d’idées, loin de là, au point que Dope Body – déjà un poil détraqué de nature – s’y laisse pousser des ailes sous le souffle de liberté offert par l’improvisation et une expérimentation sans contrainte. Frustrant parce que l’album s’achève en laissant le sentiment de n’avoir creusé qu’à moitié (‘Goon Line’ et ‘Old Grey’ méritaient tellement mieux), laissant sur le bas-côté toute sa possible dynamique, comme tout le potentiel que l’on peut sans mal discerner malgré la densité de ces dix compositions répétitives, souvent bruitistes, le plus souvent sans début ni fin bien marqués, et assez ressemblantes les uns des autres pour finir de décupler cette triste impression.

‘Kunk’ ne laisse alors d’autres choix que de volontairement écarter les titres aux allures de longs interludes (‘Dad’, ‘Muddy Dune’, ‘Ash Toke’), pour saisir à la volée les quelques bons passages qu’il contient, sans jamais avoir à y chercher la moindre cohérence. Au-delà de la dissonance des guitares qu’on savait du ressort de Dope Body, on se laisse donc poliment surprendre par des lignes de basse hésitant entre indus et electro 80 (‘Casual’, ‘Obey’), une mélodie inespérée (‘Down’), et une rythmique préférant généralement l’efficacité simple aux fioritures. A l’exception de ‘Pincher’ et ‘Void’ qui, de par leur plus grande complexité, trouvent quand même le moyen d’apaiser la rancœur. Trop peu, vous en conviendrez, pour ne pas ébrécher la crédibilité que Dope Body a acquise à la sueur de son front depuis une poignée d’années.

‘Goon Line’, ‘Old Grey’, ‘Down’, ‘Pincher’

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