DOOM – « Born Like This »

doom180Album
(Lex)
23/03/2009

Quatre ans qu’on attendait que (MF) Doom vienne faire taire les pires rumeurs – de sa mort jusqu’à l’imposteur que certains voyaient à sa place lors de rares shows – et surtout mettre fin à son trop long silence. «Born Like This» marque donc le retour aux affaires d’un des Mcs les plus talentueux, atypiques et mystérieux du hip hop moderne, tout comme son affiliation à Lex Records, heureux d’ajouter à sa discographie le nouvel opus de celui que tout le monde s’arrache, de Nas à Mos Def en passant par Thom Yorke (Radiohead). Pour preuve, les nombreuses collaborations passées et à venir qui ne cessent de noircir son agenda. Toujours masqué, Doom, au-delà d’un talent qui ne pouvait se volatiliser si vite, n’a pourtant pas réservé quantité de surprise pour cette sortie tant attendue. À l’exception de quelques productions signées JDilla («Gazzillion Ear»), Jake One et Madlib («Absolutely»), il produit la majorité de l’album, quitte à reprendre quelques beats déjà alignés au tracklisting de ses «Special Herbs» («Supervillain Intro», «Angelz»). Mais quel que soit le décor qui lui est offert, l’ex KMD fait plus d’étincelles que jamais. Notamment lorsqu’il emmène «Gazzillion Ear» jusqu’à son terme malgré tous ses rebondissements, qu’il recolore le «Lightworks» de JDilla (un classique de «Donuts»), orchestre les samples oppressants et malsains de «Batty Boyz», chante sur la fin de «That’s That», colle au beat surpuissant de «Supervillainz», ou qu’il fait de «Ballskin», aussi court que lorsqu’il fut dévoilé sur Myspace, un véritable exercice d’apnée. Il ne sera d’ailleurs pas le seul à tourner autour des deux minutes («Yessir! feat Raekwon, «Rap Ambush», «Microwave Mayo», «More Rhymin’»), le Mc bouclant les dix-sept morceaux de ce nouvel album en à peine plus de quarante minutes. Du coup, si Doom évite le piège des longueurs indigestes, il laisse parfois un goût d’inachevé, l’impression de vouloir coûte que coûte aligner d’excellentes chutes de studio qui auraient pu être mieux exploitées. Ce qui n’empêche que, quand il balance “can it be that I stayed away too long, did you miss these rhymes when I was gone?” , impossible de répondre par la négative.

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