Doctor L – « Monkey Dizzyness »

Monkey Dizzyness[Album]
22/04/2003
(Fat Recordings/Chronowax)

Pour cerner le personnage de Doctor L ainsi que son parcours, il est obligatoire de faire un bref récapitulatif de sa carrière. Ce producteur désormais renommé s’est tout d’abord fait connaître pour son travail de production aux côtés d’Assassin sur deux albums. Il suivra ensuite une carrière solo ponctuée par quelques disques mémorables comme « Exploring Da Inside World », « Temple On Every Street » ou le somptueux « Psyco On Da Bus » avec Tony Allen. Entre temps, le « doc » collabore avec des artistes aussi divers et renommés que Screamin’ Jay Hawkins, Neneh Cherry, Ice T, Gangstarr, Alain Bashung, Toma Sidibe, Les Negresses Vertes, Rita Mitsouko ou Bumcello. Inutile donc de préciser que ce « Monkey Dizzyness », sorti sur son propre label Fat Recordings, va encore attirer toute l’attention du petit monde musical

La musique de Doctor L est, sur ce nouvel album, encore bien difficile à étiqueter. En effet, naviguant dans des eaux soul, hip hop, afro beat, funk ou jazz, « Monkey Dizzyness » est une sorte de condensé réussi de ses précédents efforts. On pense parfois autant à un véritable album novateur et pointu qu’à une bande originale de film réussie (rappelons que l’artiste a travaillé sur les fonds sonores de « Métisse », « Etat Des Lieux » et « Peut Etre »). Car Doctor L a l’insolent talent d’utiliser des éléments de musiques populaires pour les transformer en une oeuvre inégalée qui se plait à constamment repousser les codes et limites de la musique. Ainsi, nous ne resterons pas indifférents au travail effectué sur des morceaux tels que « The Def Song » (ou il est accompagné par Clip Payne de Funkadelic et qui mixe superbement des éléments electro hip hop avec des sonorités acoustiques empruntées au rock) ou « Night Ride » (belle réussite electro/hip hop au groove omniprésent). Doctor L fait ainsi voyager l’auditeur entre des morceaux accessibles et bien ficelés (« Trigger », « Burning Papers ») et de véritables efforts de production et de mixage (« Why? », « Peace Warrior »), voir même sur des terrains fort glissants au risque de perdre tout repère (« Never Be The Same », « On My Way Back Home », « Beyond Music »)

« Monkey Dizzyness » est ni plus ni moins une randonnée dans le monde musical pendant laquelle l’auditeur se surprendra à avancer pas à pas sur des surfaces fermes, fragiles ou liquides sans jamais perdre l’équilibre. C’est seulement ces petites choses qui font toute la personnalité musicale d’un Doctor L au nombre d’influences indéfini. Marre du manque d’originalité musicale? Un fardeau dont il faut désormais parler au passé…

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