Doctor L – « Forgotten Tracks From Da Hard Drive »

Forgotten Tracks From Da Hard Drive[Album]
06/11/2006
(Mind/Nocturne)

Il n’est jamais vraiment évident de parler de Doctor L, ce producteur franco irlandais renommé qui s’est longtemps fait connaître par le biais de son travail dans l’ombre de nombreux artistes, Assassin étant chez nous le plus connu (« L’Homicide Volontaire »). Dans l’ombre, il faut croire que Liam Farell (de son vrai nom) s’y trouve pas mal tant on le voit peu. Ce qui n’a pas toujours été le cas car ce véritable dompteur de machine aurait bien pu tirer son épingle du jeu à l’époque ou les nouveautés downtempo s’arrachaient. Peut-être s’en moque t-il après tout, car lui suit son petit bonhomme de chemin, et préfère qu’on s’attarde sur sa musique ou ses projets que sur sa tronche. À vrai dire, il n’a pas tort, car on se contrefout totalement de savoir à quoi ou qui il ressemble. Tout ce qu’on demande n’est autre que de la bonne musique, quelques oeuvres finement cousues comme il a su en livrer parfois par le passé

Pour cela, il s’est associé à Manu Boubli pour créer le label Mind Records ou se croisent les influences majeures du duo et une certaine vision de la musique.Alors qu’un nouvel album est à paraître cette année, Doctor L revient doucement sous les feux des médias avec « Forgotten Tracks From Da Hard Drive » qui, comme son titre l’indique, compile quatorze inédits que le Doc n’a pas placé sur ses productions ces dix dernières années. Alors forcément, ça ratisse assez large, Farell ayant beaucoup évolué durant ce laps de temps, mais avec une cohérence stupéfiante: à chaque titre sa richesse, son groove et son originalité. Et pour contribuer au charme de cet univers particulier, il est entouré, ici ou là, de ses plus fidèles compagnons, de Nicolas Baby (FFF), Omar Sosa (pianiste cubain), le flutiste Ji Dru, Mc Jester (Spontane)

Encore une fois, ce disque souligne toute la personnalité du bonhomme, chaque morceau étant véritablement imprégné de sa patte de producteur hors pair, marqué par cet aspect minimaliste et ces basses toujours fines et imparables. Un arbre qui cache la forêt, car il suffit d’écouter attentivement l’electro hip hop teinté soul de « Dreaming With No Future », le plus pop « Industrial Zone », le suave « Acoustic Lane », l’excellent « Born Too Fight », le hip hop « Kind Of Dry », ou le dub « Hold On » (façon Scape) pour y déceler un souci du détail, un perfectionnisme sidérant. C’est sûr, ce disque ne parlera pas aux dancefloors burners, il s’écoute plutôt bien sagement, à l’instar d’un Bonobo gentiment dévoré par Aphex Twin écoutant du Pink Floyd et du Funkadelic au petit-déjeuner. La petite faiblesse qui vous perdra…

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