Dj Koze – « Amygdala »

koze180Album
(Pampa)
25/03/2013
Banquet électronique

Les lettres « DJ » devant le nom d’un artiste trahissent parfois le Disc-Jockey de métier, contraint de produire quelques plaques qui marchent pour mener sa promo à bien. Pour DJ Koze, ce titre n’a plus de sens. Bien qu’également réputé pour ses sets chaleureux, il s’est surtout fait un nom via les services qu’il a rendu à des producteurs tels que Matias Aguayo, Battles, Lawrence ou Sascha Funke, tous affublés alors de remixes bien souvent plus colorés que les originaux: chose rare dans cet exercice qui ressemble la plupart du temps à du remplissage d’EP. Si on met donc de côté son excellente collection de remixes « Reincarnations » parue en 2009, « Amygdala » est le premier album solo sorti par le bonhomme depuis neuf ans. Et n’allez surtout pas penser qu’il s’est senti obligé: il a plutôt soigneusement dressé la table avant d’inviter ces quelques prestigieux convives à chanter sur ses classieuses fondations minimales et tech-house.

Ainsi, ce banquet électronique s’ouvre sur des prestations vocales de premier choix, avec d’abord Caribou sur le lancinant « Track ID Anyone », puis Apparat dont la voix délicate contribue à la beauté de cette pièce techno progressive qu’est « Nices Wölkchen ». Pourtant, entre chaque intervenant, les plats se font attendre: en solo, le producteur ne fait le plus souvent que renforcer une évidente impression de longueur – la durée étant de 77 minutes, hélas – avec des autoroutes minimales et tech-house qui ne paraissent être là que pour blinder le disque, qu’il s’agisse de « Royal Asscher Cut » et ses fausses notes de flûte à bec qui s’entremêlent pour un résultat discutable, ou des dix longues minutes de « La Duquesa » qui n’ont rien à faire ici.

On préfère amplement quand Stefan Kozella s’entoure sur les deux tiers des titres de ce « Amygdala », quand les collaborations qui fonctionnent alimentent alors son panel chromatique si singulier. Il combine ainsi songwriting et techno en s’éloignant du logique séquencement de boucles taillées pour les clubs, et en ouvrant la porte à des copains comme le fragile Milosh ou Ada qui viennent donc s’y greffer en finesse. Mais c’est Matthew Dear qui étonne sans doute le plus sur deux titres mutants hésitant entre comptine vaporeuse et pop downtempo influencée house (« Magical Boy » et « My Plans »). Bizarrement, pour nous autres non habitués, deux titres chantés dans sa langue maternelle font mouche et apportent une touche nostalgique: Dirk Von Lowtzow s’illustre ainsi sur un tranquille « Das Wort » échappé d’une boîte à musique, et Hildegard Knef sur la géniale reprise du classique « Ich Schreib’ Dir Ein Buch ». Une réunion conviviale et réussie.

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