Dizzee Rascal – « Tongue n’Cheek »

dizzee180Album
(Barclay)
28/09/2009
Grime de parking

Proposer sempiternellement la même chose, éviter les risques pour ne pas rouiller le tiroir caisse: telle semble être la devise de beaucoup d’acteurs majeurs de la musique. A quelques exceptions près, et Dizzee Rascal en est une. Il n’y a qu’à se pencher sur chacun de ses disques pour se rendre compte à quel point le Mc anglais n’est jamais le dernier à se remettre en question. Pour mieux évoluer. Parfois ça marche, comme sur le précédent « Maths + English » qui optait pour des productions tranchantes et minimalistes, taillées pour un label comme Def Jux qui n’a d’ailleurs pas manqué de le prendre sous son aile aux Etats Unis. En toute logique, il ne fallait donc pas s’attendre à sa copie conforme avec « Tongue n’Cheek », un nouveau disque qui s’ancre définitivement dans la culture musicale anglaise, délaisse le hip hop pour les chantres de la techno grand public. Son album « pop » comme certains le disent, soulignant par la même occasion toute la perte de signification du terme, y compris en Angleterre, son propre berceau. Allons y plutôt franchement: à vouloir s’offrir de nouvelles ambitions, Dizzee Rascal glisse, et se plante magistralement. Pourtant, il ne flanche pas forcément là ou on l’aurait cru, à la simple lecture du tracklisting. En effet,  Armand Van Helden et Tiesto, qui respectivement ouvrent et clôturent ce « Tongue n’Cheek », ne lui offrent pas ses pires moments: le premier bénéficie de l’effet de surprise sur « Bonkers », le second remonte le niveau avec le final « Bad Behaviour ». Comme quoi les faiseurs de tubes ont un savoir faire. Entre les deux, choisir entre titres mollassons sans intérêt (« Freaky Freaky », « Chillin’Wiv Da Man Dem ») et la techno des parkings du nord de l’Angleterre (« Road Rage », « Dirtee Cash », « Money Money », l’absolument infecte « Holiday ») est quasi surhumain. Du coup, quelques titres, qui toucheraient le fond dans un autre contexte, émergent sans mal de cet océan de médiocrité: « Leisure » est de loin le plus réussi et double in extremis le dubisant « Can’t Tek No More » et le déjà bien rabâché « Dance Wiv Me » imprégné de la touche Calvin Harris pré-naufrage. Vous je ne sais pas, mais moi à choisir entre mushy peas et fishcake, sans oublier les nausées et crises d’angoisse qui les accompagnent, je préfère de loin sauter un repas.

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En 2009, Dizzee Rascal c’est ça:

Mais on n’est vraiment pas passés loin de ça:

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Une réponse à Dizzee Rascal – « Tongue n’Cheek »

  1. Tlight 27 septembre 2009 à 21 h 56 min #

    Ok cet album est assez expérimental et il y a quelques chansons a jeter, mais une bonne moitié des 11 tracks valent vraiment le coup, font bouger la tête (et le reste) et sont finalement vraiment réussie. Alors, si Dizzee veut innover, quitte à faire des déchets, on ne peut pas lui en vouloir !

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