Disappears – ‘Irreal’

Album / Kranky / 19.01.2015
Masterpiece

Depuis sa création, Disappears jouit toujours d’une aura hautement attractive. Chaque disque se révèle magistral (à nuancer pour l’étouffant ‘Era‘) au point qu’il est légitime de s’interroger sur la possibilité de renouvellement créatif du groupe. D’ailleurs, au regard de la radicalité et du sentiment d’urgence qui émanent de son oeuvre, chaque nouvelle entrée discographique semble être la dernière. Heureusement, la formation chicagoan n’a pour le moment pas prévu de tirer sa révérence, comme l’atteste ‘Irreal’, son cinquième long-format.

Si Brian Case et ses acolytes ont toujours été plus ou moins apparentés au revival du krautrock, ils ont toujours plus ou moins reçu cette lourde étiquette avec gêne, sinon dédain. Et pour cause, le groupe s’est toujours nourri de ses affinités pour le post-punk ou le dub. Enregistré sous la bienveillance de John Congleton (fondateur de ‘The Paper Chase’) dans le studio d’Albini, ‘Irreal’ se démarque de ses prédécesseurs par son atmosphère. La noirceur est toujours de mise, mais alors que Disappears avait coutume de travailler dans l’épure, l’heure est aujourd’hui à l’arrangement du moindre détail.

À ce titre, l’album convoque aussi bien les boucles de Bauhaus (‘Mist Rites’) que les récents travaux de Liars. Le chant de Brian Case, jadis si vénéneux, se fait plus clair dans ce chaos progressif et la batterie de Noah Leger, moins lourde que celle de Steve Shelley, pousse l’ensemble avec une subtilité inédite jusqu’ici.

Disappears est un grand groupe, il est donc difficile, sinon ridicule, de vouloir hiérarchiser une oeuvre aussi complète. Mais, très clairement, l’écoute de ‘Irreal’ laisse penser le quatuor n’a jamais fait aussi bien, aussi dense, aussi clairvoyant. Rares sont les disques qui portent aussi bien leur nom: ce que vient d’accomplir Disappears est tout bonnement irréel.

‘Interpretation’, ‘I_O’, ‘Halcyon Days’, ‘Mist Rites’, ‘Navigating the Void’

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