Dirty Projectors – ‘Dirty Projectors’

Dirty Projectors – ‘Dirty Projectors’

Album / Domino / 24.02.2017
Pop RnB

Depuis 2012 et la parution de l’excellent ‘Swing Lo Magellan‘, dernier album en date de Dirty Projectors, il s’est passé beaucoup de choses dans le vie de son leader Dave Longstreth. Sa rupture avec Amber Coffman, entraînant la fin du groupe dans la configuration qui était la sienne depuis plusieurs albums, sera suivi d’une dépression et d’un blocage créatif. Parallèlement, son immersion dans le monde de la RnB (collaborations avec Kanye West, Rihanna, Solange…) lui aura sans doute permis d’élargir son champ d’action artistique.

Seul aux commandes mais entouré d’invités de marque (Dawn Richard (D∆WN), Tyondai Braxton (ex Battles), Mauro Refosco, Solange Knowles..), Longstreth réoriente le répertoire du groupe et ouvre sa palette de sons. Exit les guitares basse batterie soutenant les chants entremêlés. Ici, se confrontent désormais piano-bar, cordes et cuivres, percussions éditées et kick infrabasses, basses syncopées de synthé et de sons concrets, même quelques guitares. Tout se mélange et s’enchaîne de façon surprenante mais cohérente.

Longstreth joue avec sa voix comme avec les autres instruments : déformée, pitchée, éditée ou auto-tunée, chantée ou en spoken word, il démultiplie ses traitements et superpose les styles, tantôt rap, tantôt pop, en envolées mélodiques rappelant parfois Prince (‘Work Together’), en mélodies sinueuses, complexes, ou simplement pop.

Si cet album n’est pas présenté comme un journal intime mais plutôt comme le reflet d’une réalité émotionnelle, l’intégralité des textes se rapporte à sa relation et sa rupture. Tous semblent s’adresser à Coffman, directement à la deuxième personne, parfois de manière très explicite. Il pose également la question de l’intégrité artistique face à la volonté de succès, et même s’il passe du côté d’un genre très populaire, le résultat reste assez dense, tordu, exigeant et parfois génial, une fois fait le deuil de l’indie-rock arty auquel nous avait habitué le groupe.

Complexe, ultra-processé, appuyé par des techniques de production glanées en travaillant avec les producteurs RnB les plus en vue (Mike Dean), ‘Dirty Projectors’ est un disque dense et déroutant, parfaitement en phase avec son époque.

A VOIR
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE

‘Up in Hudson’, ‘Winner Take Nothing’, ‘Keep Your Name’


No Comments

Post A Comment

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

If you agree to these terms, please click here.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.