Diplo – « Fabric Live 24 »

Fabric Live 24[Album]
17/10/2005
(Fabric/Pias)

La série de compilations mixées du club Fabric à Londres a accueilli des DJ’s parmi les plus prestigieux et les plus mythiques tels Tony Humphries, John Peel (RIP) ou Andrew Weatherall. Sur plus d’une vingtaine de volumes, on a vu défiler des styles musicaux des plus éclectiques tels la Drum’ n’ Bass de Grooverider, Fabio, Andy C ou DJ Hype; la House de Terry Francis, Hipp-E & Halo ou Doc Martin; la Techno de Michael Mayer, Adam Beyer ou Stacey Pullen. Des grooves multiples ont été représenté: Broken beat, Breakbeat, Electro et autre minimalisme d’artistes aussi variés que Ivan Smagghe, Scratch Perverts, Death in Vegas, James Lavelle, Swayzak et bien d’autres, la liste étant trop longue pour les énumérer tous. Mais si il y a un mix à écouter d’urgence, c’est bien celui-ci

Californien d’origine et résident aujourd’hui de Philadelphie, Diplo est un remarquable producteur, l’excellent album « Florida » sorti chez Big Dada ou la production de l’album de la chanteuse M.I.A en attestent. Mais ici, c’est son talent de DJ qui nous intéresse, celui qu’on a pu comparer avec celui des 2 Many Djs malgré l’immense fossé qui peut séparer ces artistes. Disons le, c’est un peu comme comparer un vin de bon cru avec de la piquette. Dieu sait pourtant comme on respecte les frères Dewaele pour la fraîcheur qu’ils ont amené dans une scène électronique devenue morose

Mais là ou les belges sont distrayant, Diplo écrase tout sur son passage. Ce mix est une bombe: ça commence par du Hip-Hop/R’n’B/Booty, et très rapidement ça part dans de l’Electro old-school avec quelques classiques du genre, comme « Al-Naafiysh » de Hashim, et par deux fois le godfather Techno Juan Atkins, sous les pseudos Cybotron, avec le légendaire « Clear », et Model 500, avec « Nightdrive ». Cette partie du mix à tendance très Eighties voit même Diplo nous glisser « Don’t Go » de Yazoo, un des moments les plus frais du mix

Autre grand moment: quand commence à résonner le « Windowlicker » d’Aphex Twin, véritable moment de grâce. Et quand celui-ci s’entrelace avec « Percolator » du chicagoan Curtis Jone, plus connu sous son pseudo Green Velvet mais tellement plus inspiré quand il signe comme ici sous son autre pseudo, Cajmere, un pur track de house vicelarde. S’en suit un passage plus techno et mental avant d’arriver dans une dernière ligne droite en apothéose. On a presque l’impression d’être en train d’écouter un autre trublion des platines, DJ Rupture. Cet entrelacement de rythmes concassés, ou se mélangent saveurs latines, breakbeat métalliques et Ragga/Hip-Hop ou Crunk mutant, se rapproche en effet des sessions enfiévrées de ce dernier ou des productions de son comparse Kid 606

Dans cette partie là, on croise des productions de Ludacris, Diplo himself, M.I.A. et de la musique brésilienne un brin décallée. Puis « Love song » de The Cure apparaît (eh oui, vous lisez bien, The Cure, Robert Smith… Vous qui croyez vos années corbacs remisées au placard). Et là, c’est une respiration bienvenue avant d’enchaîner sur Outkast, Le Tigre et une série Booty Bass avec DJ Nasty et DJ DEEON et un final plus poppy pour redescendre en douceur après ce mix qui nous aura tenu en haleine sur 26 plages enchaînées de main de maître

Si les références citées sont nombreuses, c’est pour mieux vous situer l’esprit iconoclaste de Diplo dans ce mix qui deviendra certainement une référence pour tous les amateurs de dancefloor bigarrés aux oreilles ouvertes.

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