Dillon – « This Silence Kills »

dillon180Album
(Bpitch Control)
14/11/2011
Indie pop

Repérée il y a quelques temps par Dj Koze, Dillon débarque avec un premier album qui élargit encore un peu plus la palette des couleurs musicales chères au label BPitch Control. En effet, à mille lieux des infatigables dancefloors nocturnes de la capitale allemande, la belle de vingt trois ans laisse son incroyable charme se répandre comme une tâche d’huile jusque dans sa musique, empreinte d’une incontestable originalité lorsqu’elle s’assoit derrière son piano pour chanter ses chansons d’une voix qui captive autant qu’elle flirte avec la justesse. Synonyme d’élimination directe dans la plupart des cas, elle tire au contraire de sa voix singulière une évidente personnalité, et en fait l’élément central d’un univers original qui convoque à la fois Bjork, Lykke Li, Cocorosie et Emilie Simon, autant de passionnantes prêtresses d’une certaine indie pop, décalée et avant gardiste.

Vérification tout au long de ce « This Silence Kills », un premier disque qu’elle a pris le temps de façonner jusque dans les moindres détails durant les quatre ans qu’elle a passé sur les routes pour se faire connaitre. Sans jamais donner le tournis, et bien aidée par un duo de producteurs compatriotes inspirés (Thies Mynther et Tamer Fahri Özgönenc), Dillon nous éclabousse de toute sa sensibilité (« You Are My Winter »), y aborde ses multiples influences (chanson sur « Your Flesh Against Mine », pop sur « From One To Six Hundred Kilometers », techno sur l’entame éponyme et le final « Abrupt Clarity »), démontre son incroyable talent de mélodiste, mais aussi ses goûts bien arrêtés en termes d’arrangements. Ecoutez, par exemple, les cuivres et les percussions d’un « Tip Tapping » pourtant minimal, la harpe de « Thirteen Thirtyfive », les choeurs de « Your Flesh Against Mine », tous représentatifs d’une solide diversité reflétant parfaitement le caractère d’une artiste qui, bien que jeune et novice, ne se refuse rien.

En résulte une douzaine de titres profonds et authentiques qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, se distinguent également par une superficialité totalement absente des débats. « This Silence Kills » ne souffre ainsi d’aucun superflu susceptible d’atténuer l’émotion palpable qui s’en dégage, que l’ambiance soit sombre et mélancolique (« Texture Of My Blood »), ou plus lumineuse et légère (« Hey Beau »). Dillon s’offre donc une entrée plutôt remarquée dans la cour des musiciens aussi doués que marginaux, aussi vrais que déterminés à n’écouter que ce qui sort directement de leurs tripes. Une bien jolie découverte.

En écoute

Disponible sur
itunes22

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Une réponse à Dillon – « This Silence Kills »

  1. Kam 19 novembre 2011 à 15 h 53 min #

    Ce groupe dechire tout 😉 & merci pour cet article ! ;p

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