Dillon – ‘The Unknown’

Album / BPitch Control / 31.03.2014
Chansons technoïdes

Il y a trois ans, Dillon sortait un premier album intitulé ‘Silence Kills‘: un titre aux allures de pari pour une chanteuse/compositrice qui, comme dos au mur, se lançait dans le grand bain en s’en allant se frotter à la sensibilité des Bjork, Cocorosie, Feist, et Lykke Li. Loin d’être tombés dans l’oreille des sourds, ses douze titres ne pouvaient pas plus la révéler, et accessoirement lui octroyer toute l’assurance nécessaire pour en composer une suite. Et quoi de mieux que baptiser sa nouvelle oeuvre ‘The Unknown’ alors que l’auditeur – resté sur des souvenirs electro et pop, à la fois sensuels et expérimentaux, que le temps a progressivement gommé – ne sait plus trop à quoi s’attendre de la part de cette brésilienne d’origine capable de tout.

Une chose était certaine cependant: bien que toujours estampillée BPitch Control, Dillon n’allait de toute façon pas retourner sa veste et faire danser la terre entière. Son fond de commerce à elle, c’est la sensibilité, c’est avancer lentement sur un fil si fragile qu’il peut à tout moment casser, qu’elle a une nouvelle fois confié à la même paire de producteurs que pour le précédent opus. Ainsi, chacun de ces douze nouveaux titres est pour elle un espace nouveau, une remise à zéro de travaux précédents dont elle reprend la base en y ajoutant plus de nuances.

On l’y croise contemplative, exploitant sans complexe le silence (‘In Silence’, ‘4ever’), signant des ballades aussi belles qu’énigmatiques (‘A Matter Of Time’, ‘Evergreen’), aux allures qu’on pourrait croire improvisées si elles n’étaient pas ornées de précieux détails. Omniprésent, le piano se retrouve à plusieurs reprises relayé au second plan par les sonorités électroniques (‘The Unknown’, ‘Into The Deep’, ‘Don’t Go’, évidents sur ‘Nowhere’), ou par des arrangements approfondis (‘You Cover Me’, ‘Lightning Sparked’) servant à tout moment une voix au grain plus prononcé que par le passé (‘Forward’). Ainsi, Dillon avance, renforce un peu plus son identité, pour ne souffrir finalement ici que d’une seule chose: le manque d’effet de surprise qui servait considérablement son précédent album.

‘Forward’, ‘Nowhere’, ‘Evergreen’, ‘Lightning Sparked’

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