Die Princess Die – « Lions Eat Lions »

dpd180Album
(UFV Records)
2009

A la lecture des CV de ces quatre californiens, rien ne semblait les prédestiner à une carrière de punk rockeurs déglingués: ce sont d’anciens trader, vendeur de robes de mariée, ex membre de l’US Air Force, et un Slovaque que le destin a réuni pour servir la cause d’un rock furieux, intense, et dansant, à mille lieux de celui qui inonde actuellement les clubs. Les paillettes, le bling bling et tout ce qui va avec, le quatuor le laisse à ceux, pas aussi malsains, qui craignent de froisser leurs habits de lumière. Les leurs, ils les malmènent, leur font mordre la poussière, tant rien ne tient ici de la plus grande subtilité. Die Princess Die envoie la sauce, fait autant de bruit qu’il le peut, martyrise guitares et basses au même titre que la caisse claire, chante ou hurle selon ses pulsions, le tout en rarement plus de deux minutes, soit trop peu pour arrondir les angles et se permettre la moindre fioriture («Sport»). C’est d’ailleurs cet aspect faussement bâclé qui intrigue, rend ce groupe si spontané, si vrai, et lui fait prendre ses distances avec les opportunistes du moment. Il suffit d’ailleurs de se plonger dans cette vingtaine de titres (son entière discographie à ce jour compilée au grand bonheur du petit label français UFV) pour s’en faire une idée claire. Car si on doit aller chercher de véritables ressemblances, c’est du côté de la scène expérimentale qu’on les trouverait incontestablement, peut être aussi dans une version sales gosses d’un Death From Above 1979 encore plus frontal («Nights Of The Light», «Jack»). Pas pour rien que c’est GSL Recordings, label d’Omar Rodriguez (Mars Volta, At The Drive In…) qui lui a d’abord mis le grappin dessus. Quoi qu’il en soit, s’il sait aussi se montrer aguicheur par quelques baisses de tension bonnes à prendre et un peu plus pop par la force des choses («The Racer», «Young Lady, Your Tail Is Showing», «Hunting Lola»), «Lions Eat Lions» regorge de titres à l’énergie masochiste, qui défroquent et assènent la fessée: «Check», «Spearhorse», «Pardon The Interruption», «The Shakes» seront certainement la cause de vos plus belles grimaces. C’est donc le postérieur rougi par le cuir lacéré, et en rugissant de plaisir, qu’on s’incline une ultime fois pour accueillir chaleureusement Die Princess Die parmi les groupes aussi doués qu’inattendus.

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