Dianogah – « QHNNNL »

QHNNNL[Album]
25/08/2008
(Southern/Differ Ant)

La richesse musicale des Etats-Unis est telle que chaque ville possède historiquement un son bien à elle, et cela quel que soit le genre abordé. C’est indéniablement le cas pour l’éclectique Chicago, et son rock marqué au fer rouge par quelques uns de ses grands représentants. On pense notamment à Steve Albini qui, de par ses groupes (Big Black, Raperman et Shellac…) et ses talents de producteur, aura toujours su véhiculer de par le monde une identité rock à la fois dure et bruitiste, que bon nombre de formations auront ensuite ardemment défendue. Sur le circuit depuis 1995, Dianogah lui aura d’ailleurs confié ses deux premiers albums, histoire d’enfoncer un peu plus le clou et s’inscrire définitivement sur les bancs de cette école du rock nourrissant inlassablement une approche atypique et très personnelle. Si les variantes sont nombreuses, le trio aura toujours su se différencier par l’utilisation de deux basses et une batterie, limite originelle qu’il a délibérément décidé de repousser pour la sortie de « QHNNNL », son nouvel et quatrième album venant mettre un terme à six ans d’absence

Une si longue attente débouche sans trop de surprise avec son lot de nouveautés. Dianogah ne se fixe désormais plus de limite, ouvre son line up à quelques invités qui s’y sont intégrés avec un naturel déconcertant. Ainsi, au détour de quelques titres, on croise régulièrement Andrew Bird et son violon, la chanteuse Stephanie Morris (Pawner’s Society, seule sur deux morceaux), le guitariste Billy Smith (Hubcap) et le claviériste Mark Greenberg. Preuves en sont les multiples pépites qui jonchent ce nouveau disque appelé à rester parmi les plus mémorables de l’année. Parmi elles, l’ouverture « Oneone » reprend ce groove froid qui faisait jadis toute la beauté de June Of 44, « A Breaks B » est d’une délicatesse déconcertante quand les voix mixtes viennent s’entremêler au violon de Bird, « QHNNNL » restera comme une des plus fortes déflagrations du groupe, « I Like Juice In a Shark Suit » et « Puma » font admirablement le pont avec le passé… Et la liste est longue

Tant d’efforts déployés font sans aucun doute de « QHNNNL » l’album le plus varié dont le combo ait jamais accouché jusque là. Même le bassiste Jay Ryan n’hésite plus à se poster au micro en venant donner de la voix sur trois de ces douze titres, toujours habités par l’intensité et l’approche mélodique que le trio a toujours entretenu depuis ses débuts. Du coup, il nous est offert de redécouvrir un autre Dianogah, bien assis sur son expérience, prenant définitivement ses distances avec les lois du post rock et du math rock, deux étiquettes qu’on a toujours voulu lui coller sur le dos. A tort, plus que jamais

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