Destroyer – ‘Poison Season’

Album / Merge / 28.08.2015
Indie pop

Dixième album du canadien Dan Bejar, ‘Poison Season’ fait une nouvelle fois évoluer le répertoire du projet né en 1996. Après le glam rock lofi des débuts, le pop rock de ‘Your Blues’, et la dream-pop synthétique de ‘Kaputt’, Destroyer revient cette fois avec treize morceaux aux arrangements classieux et soignés. Exit les grosses guitares et autres boites à rythme, ‘Poison Season’ fourmille de cordes, de thèmes de saxophone, batterie, bongos et pianos. On retrouve évidemment aussi la voix et le phrasé si particuliers d’un Bejar déclamant ses textes rêveurs et littéraires. Trois versions d’un même morceaux (‘Time Square’, ouvrant et fermant le disque) renforcent l’idée que le travail du canadien est plutôt orienté ici sur la mise en son des textes. ‘Dream Lover’, hommage assumé au E-street band de Springsteen, renoue néanmoins avec l’énergie live et les guitares de ‘Notorious Lightning and Other Works’ (2005). Faisant figure d’Ovni sur ce disque plutôt apaisé, ce single très réussi brouille volontairement les pistes, comme pour enfoncer le clou de la liberté artistique dont fait preuve Destroyer depuis ses débuts. Pourtant, malgré beaucoup de bons moments, il est assez difficile d’être captivé d’un bout à l’autre par ce nouvel opus. Peut être un peu trop propres et sages, certains de ses passages sont assez ennuyeux. Entre les balanciers sur deux accords à la Twin Peaks que Bejar utilise systématiquement, et la présence quasi-permanente des saxos, l’attention se perd souvent, même si la voix et les textes nous font régulièrement revenir rapidement dans le vif du sujet. Moins envoutant que son prédécesseur, ‘Poison Season’ reste néanmoins un disque élégant et agréable.

‘Dream Lover’, ‘Solace’s Bride’

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