Desorden Publico – « Diablo »

Diablo[Album]
27/01/2003
(Sabor Discos/Mosaic)

Si ce nom ne vous dit rien, dites vous que Desorden Publico fait partie des meubles concernant la culture musicale vénézuélienne. Dites vous également qu’à chaque fois que cette joyeuse bande de fêtards se regroupe à Caracas, plus de cent mille personnes répondent à chaque fois présentes. Actifs depuis 1985, ceux qui ont sorti le premier album ska au Venezuela en sont aujourd’hui arrivés à ce « Diablo » qui n’est pourtant que leur sixième opus

Ce succès rencontré par Desorden Publico est dû, d’une part, à l’engagement de leurs textes, toujours déstinés à la critique des leaders politiques responsables de la situation économique difficile en Amérique Latine, mais bien évidemment aussi à leur musique faite de diverses influences allant du 2 Tone au jazz en passant par la salsa, le merengue, la soul, le rock, ou le funk. « Diablo », le petit dernier, est une suite logique des albums précédents tout en mettant en avant un nouveau goût pour l’electro (« Combate », « Maldad En Tu Corazon »). Attention, pas ici de récupération tendance qui fera qu’on les entendra dans les clubs parisiens les plus branchés. La couleur originelle du groupe est soigneusement conservée tout au long de ces quatorze titres transpirant le soleil, la fête et la bonne humeur! Ce combo fou n’est pas non plus en manque de surprise puisque l’on peut apprécier un titre chanté en japonais (« Tokyo Loco ») mais aussi entendre des invités de prestige tels que Neville Stapples des Specials (« Black Market Man ») ou Fermin Muguruza de Kortatu/Negu Gorriak (« Cyber Revolucionario »). A l’écoute de certains morceaux, on ne peut s’empêcher de penser à des groupes comme Los Fabulosos Cadillacs qui ont fait toute la réputation musicale du continent sud américain (« Black Market Man »). Impossible également de ne pas tenter de perdre son surpoids sur des hymnes à la fête tels que « Combate », « Como Sabroso », « Truena Truena », ou « El Clon »

Si ce genre de production cible toujours un public à la fois pointu mais aussi très large, il n’en reste pas moins un plaisir de s’abandonner à une telle écoute. Sans véritable originalité par rapport à ce qui a déjà pu se faire auparavant, il est toujours agréable de se sortir de la froideur des musiques urbaines et de se laisser aller à attendre impatiemment les prochains rayons de soleil, les barbecues en terrasse, les apéros de fin de journée entre potes. Desorden Publico n’a ici pas plus de prétention que de proposer une musique communicative et le fait plutôt bien. A la vôtre!

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