Depth Affect – « Draft Battle »

depth180Album
(Autres Directions)
29/08/2011
Computer music

Cela va bientôt faire dix ans que les Nantais de Depth Affect ouvrent la porte à d’épais nuages synthétiques qui ne se privent pas de faire tâche d’huile au dessus d’une France qui, entre chacun de leurs albums, se promet de passer à autre chose. Parce que, si à l’image de quelques uns de ses mentors (Prefuse 73 en tête), le genre s’est quelque peu essoufflé ces dernières années, le trio possède – lui – toujours assez de talent pour le renouveler et le remettre au goût du jour. Comme ce fut le cas à l’occasion de la sortie de ses deux prédécesseurs, « Draft Battle » pousse donc au même constat. Pourtant, les choses évoluent encore et, toujours sous le couvert d’une étiquette électro, le groupe abat une nouvelle fois la carte de la diversité, raflant au passage la mise d’un registre aussi classe que délicat, complexe bien que désormais plus épuré, qui met à profit ses onze titres pour totalement se découvrir. Pourtant, sous les coups de boutoir de l’entame « A Million Buzzing Locust », parmi les productions les plus remuantes de sa discographie avec « Club And Maces » en fin de tracklisting, on aurait parié que Depth Affect voulait prendre ses distances avec le passé. Un arbre en fleur qui cache une forêt bien plus sombre et mystérieuse, incarnée par des titres ambiants (« Oil Rig Heli Pad » bien calé au milieu du disque), voire oppressants (l’éponyme), offrant parfois pour le bien de l’album quelques apaisantes incursions lumineuses. Celles qui ramènent illico aux ambiances des efforts passés ou les basses berçaient déjà généreusement les beats et les bleeps. Là, on croise le léger « Unsult », un « Sugar Honey Iced Tea » aux basses chamaniques, un excellent « Dämmerung » ou le dub a rendez vous avec la mélancolie. Bien que toujours en toile de fond car partie intégrante des influences du groupe, le hip hop se fait cette fois plus discret. Pas de featurings faisant du pied aux aficionados comme ce fut le cas il y a encore trois ans, seulement quelques pointes qui surgissent ici ou là avec finesse, dans les cuts de « Matter Of Tempo » ou le beat de « Ten Devils ». Depth Affect ne manque donc toujours pas d’idées, et s’offre avec « Draft Battle » l’album le plus constant qu’il ait jamais mis au monde. Au prix du manque d’un ou deux tubes qui, à chaque disque auparavant, faisaient l’unanimité.

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itunes16

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