Delicate Steve – « Positive Force »

deli180Album
(Luaka Bop)
12/06/2012
Pop synthétique

« Wondervisions » avait invité Delicate Steve dans le petit monde d’une pop instrumentale aussi sidérante de mélodies que ses ainées, mais définitivement nouvelle du fait que sa guitare au son synthétique s’y dressait bien droite en chef d’orchestre. Par son approche, ce guitar-hero post adolescent, soudainement frappé de génie, faisait alors souffler un vent frais sur un genre ou Ratatat et Yeasayer – comme d’autres – se faisaient trahir par quelques signes d’essoufflement. Encore fallait-il au gamin du New Jersey de confirmer cette belle impression, et prouver à tous ceux tombés sous son charme, qu’il était capable d’autre chose que d’une éternelle répétition. Parce que c’est avant tout dans ces moments là qu’on mesure le talent d’un compositeur, plus encore quand il aime compliquer son exercice en y signant tous les instruments.

« Positive Force » déboule donc avec son lot de réponses, et fait preuve de beaucoup de conviction sans pour autant prendre la voie qu’on attendait qu’il prenne. Et pour cause, en ne changeant rien à sa méthode (tout a été une nouvelle fois enregistré chez lui), en gardant intact son sens de la mélodie (« Ramona Reborn », « Redeemer »), ce bougre de Delicate Steve parvient une nouvelle fois à imposer sa vision très personnelle de la musique avec un album s’inscrivant dans la droite lignée de son si prometteur prédécesseur. Pour autant, bien que l’effet de surprise ne joue plus en sa faveur, il s’extirpe du piège de la redite avec beaucoup d’agilité, en variant très sensiblement les plaisirs, tout juste assez pour raviver l’enthousiasme d’un public pourtant plus exigeant envers lui.

Porté par une production plus léchée, des arrangements plus denses, et un talent guitaristique qui fait littéralement oublier l’absence d’un véritable chant (ici, la voix est choeurs ou traitée tel un instrument), Delicate Steve aligne ainsi quelques morceaux chantant qui n’ont rien à envier à ceux de « Wondervisions » (« Wally Wilder », « Big Time Receiver », « Love », « Afria Talks To You »). Et quand il ne s’en remet pas à sa propre tradition, il s’égare avec brio dans des contrées ensoleillées (« Tallest Heights ») ou mélancoliques et cinématographiques (« Luna ») qui ne font qu’accentuer cette agréable impression d’avoir affaire à un musicien qui, non seulement respire naturellement sa musique, mais qui embrasse surtout généreusement la vie. En ces temps difficiles, Delicate Steve est un remède anti morosité. Disponible sans ordonnance.

itunes35

En écoute intégrale

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