Deftones – « Saturday Night Wrist »

Saturday Night Wrist[Album]
30/10/2006
(Maverick/Warner)

Incontournables et constamment attendus (au tournant?), les Deftones le sont assurément. Incontestablement même, puisqu’à chaque album, le groupe de Sacramento s’est permis de pousser un peu plus loin son identité musicale, devenue si marquée qu’elle est désormais protégée de tout plagiat. Aussi parce que Chino et sa bande semblent marcher sur des oeufs, et que le moindre de leurs faux-pas (comme ces tensions bien connues entre les membres du groupe) pourrait les réduire au rang des bons souvenirs. Depuis longtemps annoncé, « Saturday Night Wrist » se sera une nouvelle fois fait attendre. Plusieurs fois repoussé à cause notamment de son label Maverick, d’un changement de producteur (Bob Ezrin puis Shaun Lopez) en court de route, il arrive enfin pour donner à cette fin d’année 2006 une atmosphère pesante et quelques merveilleux éclairs de beauté

Car les Deftones n’ont pas changé. Juste évolué. Le rapprochement avec Team Sleep (projet parallèle plutôt trip hop mené par Chino Moreno), craint par de nombreux fans du groupe, ne se fera pas encore ici. Même si le combo s’aventure dans des contrées plus dark et expérimentales, sans pourtant oublier de nous asséner quelques magnifiques morceaux dans la veine qu’on lui connait. « Cherry Waves », « Beware », ou le final « Riviere » en sont les parfaits exemples. Et, même s’ils ne marquent pas une réelle avancée, ils enfoncent un clou déjà bien planté. On s’en plaindrait si les Deftones réapparaissaient tous les ans avec la même recette. Mais, plus de trois ans après cet album éponyme en demie teinte, on ne dit pas non à un délicieux rappel

Car la richesse de ce « Saturday Night Wrist » est ailleurs, plutôt dans cette nouvelle approche plutôt inattendue chez les californiens. « Xerces » prend des allures de ballade au piano avant de s’envoler à coups de guitares aériennes sur lesquelles Moreno, à fleur de peau, semble ne s’être jamais autant senti à son aise. Voilà un simple aperçu de ce que peut nous proposer cet album. La preuve avec « U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start », titre post rock instrumental d’une incroyable richesse, et « Pink Cellphone », peut être le morceau new wave le plus réussi de la discographie du groupe, tous deux à l’opposé des sans concession « Rapture » et « Rats! Rats! Rats! »

Entre ces deux extrémités, les Deftones déposeront délicatement quelques titres qui resteront incontestablement marqués d’une pierre blanche. « Hole In The Earth », titre d’ouverture pourtant assez facile et formaté pour se révéler être un premier single efficace, laisse parler ses mélodies pour lui, même si celles-ci parviennent difficilement à rivaliser avec les sompteux « Combat » et « Kimdracula ». Et je pèse mes mots. Ne reste donc que ce « Mein », trop plat, que Serj Tankian (System Of a Down) ne parviendra pas à relever. Pas de quoi relativiser, vous en conviendrez. Pourtant accouché dans la douleur, « Saturday Night Wrist » nous fait oublier un « Deftones » quelque peu manqué, et se permet même de s’aligner sur les fabuleux « Around The Fur » et « White Pony ». Excusez du peu

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