Def Tex – « Thanks But No Thanks »

Thanks But No Thanks[Album]
21/05/2007
(Son/Openzic)

Les médias étrangers aiment résumer le hip hop anglais au catalogue du label Big Dada et à The Streets. Pourtant, s’il est vrai qu’auparavant la old skool britannique fut largement étouffée par sa cousine américaine, elle a tout de même enfanté quelques héros incontournables trop souvent méconnus. Qu’il s’agisse de Rodney P et de son London Posse qui décomplexèrent l’accent cockney, des ultra-hardcore Gunshot (ils ont bossé avec Napalm Death, Pitch Shifter, Senser, Dub War…), des excellents The Brotherhood menés par le producteur The Underdog (a.k.a Trevor Jackson de Playgroup), ou encore de Earthling qui intégra dès 1995 des composantes pop et downtempo à leur rap illuminé, tous ont contribué à leur époque à donner ses lettres de noblesses à une scène aujourd’hui si fière de ses particularismes linguistiques et culturels (argot local, influences caribéennes, ambitions électroniques, etc.)

Au milieu de quelques autres encore (Blade, Black Twang, Silvah Bullet, Task Force, Skitz…), Def Tex aura aussi posé sa pierre à l’édifice. Actif depuis 1987, le posse londonien aura pourtant pris son temps pour émailler sa carrière discographique d’une tripotée de EP’s et d’un premier full-lenght qui date déjà de 2001. Les voilà de retour sur les devants de la scène, toujours épaulés par l’excellent label Son Records (Wordsmith, C-Mone, Cappo, Styly Cee… tous présents sur la compile « The Last Word« ), avec un nouvel album intitulé « Thanks But No Thanks »

De Def Tex, on connaissait surtout « Freaks » (sorti en maxi en 2005 et présent sur ce disque) et on savait donc que ces Anglais excellaient dans l’art de pondre des morceaux dansants, quitte à lorgner vers le raggamuffin’ si nécessaire. On en a à nouveau la preuve avec ce groovy en diable « What The ? » d’ouverture que Ty n’aurait certainement pas renié, ou avec ce « Sands Of Time » aussi minimaliste qu’efficace (une batterie+une basse+un flow démentiel), ou encore ce monstrueux « Bomber » qui mérite amplement son nom..

Mais, si le groupe n’oublie pas d’où il vient (cf. les quelques clins d’oeil aux lyrics de Public Enemy, Wu-Tang Clan…), il nous prouve qu’il n’en a pas moins plusieurs cordes à son arc. Du reggae (« These Days feat. Paul Clarke ») à la pop façon Jamie T (« Village Idiot feat. Dandelion »), en passant par l’electro (« Late Saturday Night Joint » et « Time Lord » feat. Dj Ju-E et Dj Tags du crew de turntablists Fully Grown Men) et le rock (« Tempest » ou « Run » feat. DPF, leur vieux pote de label), Def Tex semble à son aise sur bien des aires de jeux et peut ainsi se rapprocher de ses compatriotes de Lotek Hi-Fi

Si la France avait fait sa place sur le marché mondial du hip hop juste derrière les USA, il ne fait plus l’ombre d’un doute que nos ennemis héréditaires de la Perfide Albion ont largement rattrapé leur retard depuis… Shocking (mais mérité)

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