Deerhoof – « Breakup Song »

deer180Album
(ATP Recordings)
03/09/2012
Indie

À l’heure où l’automne pointe le bout de son nez, l’arrivée d’un nouveau Deerhoof tombe à point nommé pour prolonger un peu nos envies de dilettante. Comme nous, les Californiens se soumettent sans lutter à leurs caprices, et suivent les directions qui leur semblent les plus propices au divertissement le plus jouissif. « Breakup Song » porte ainsi très bien son nom. Variation en quatorze tableaux de collages sonores, d’idées déconstruites et d’expérimentations ludiques, ce nouvel opus a intentionnellement été composé à distance, aux quatre coins du globe, pour lui fournir son cachet de joyeuse zizanie.

« Breakup Song » est ainsi une ode à la liberté et la danse – ou plus précisément aux danses – cosmopolite et avant-gardiste. En s’appuyant dés le début sur le numéro de duettiste de Dieterich et Rodriguez capables des tourneries de guitare les plus fantasques (« There’s That Grin »), sur un Greg Saunier toujours plus monstrueux au fil des ans (« We Do Parties », « Mario’s Flaming Whiskers III »), et une Matzuzaki excitante de nonchalance (« Bad Kids To The Front », « The Trouble With Candyhand »), Deerhoof explose littéralement. Toujours sous la barre des 3:30, le groupe comble chaque espace en rupture, en se délectant de nouveaux horizons digérés à sa manière. Définitivement pop, le quatuor se plait à intégrer ses influences bossa, noise, post-punk, art pop et afrobeat sans jamais sourciller. Cet exutoire se niche également dans les paroles chantées ou scandées par  l’effrontée Matzuzaki. Cette dernière nous séduit (« If You Would Care To Join Me, Now I Am Going Dancing… »), nous libère (« Let It Go, Let It All Behind »), et prêche (« I Declare The War Over Animal ») tout le long de cette invitation à la fête.

Loin de la pantomime, « Breakup Song » n’est que joie, un album composé par des fous pour des fous, à des années-lumière de la tendance dépressive du moment. Pour couronner le tout, Deerhoof ne ment jamais, qu’il s’agisse de nous laisser aucun répit (le tubesque « Zero Seconds Pause ») ou de nous quitter (le sublime « Fête d’Adieu »). Mais dès les dernières secondes de cet album, le mode repeat te sera bien utile tant ce nouveau cru est le substitut parfait aux anxiolytiques prescrits par ton toubib.

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