Death Grips – ‘Jenny Death’

Album / Third World / 31.03.2015
Hip hop expérimental

Death Grips serait-il rentré dans le rang? Aurait-il, par ces incessantes provocations, rétrogradé sa musique au second plan? Entre concerts annulés à la dernière minute, annonce de séparation, et pochette flanquée d’une verge, y a t-il encore quelqu’un ici qui se soucie de donner corps à une musique qui, auparavant, était indéniablement singulière et intraçable?

Avec ‘Jenny Death’, deuxième partie du double album ‘The Powers That B’ faisant donc suite à ‘Niggas On The Moon’, le duo revient aux fondamentaux, dans la droite lignée de ‘The Money Store‘ et ‘No Love Deep Web‘. Dès le premier morceau au titre absurde, ‘I Break Mirrors With My Face In The United States’, le ton est donné: éructations de MC Ride sur fond de fracas noise et punk, et tout ce petit monde qui se tape gentiment sur le coin de la gueule pendant 2 minutes 41 secondes.

Après ce premier sang versé, ‘Jenny Death’ s’oriente vers des ambiances plus pesantes, bien que toujours portées vers une violence de tous les instants, qui plie tous les sons et toutes les formes à sa guise. Marqué par sa force de volonté, l’album est aussi plus influencé par le rock, les guitares parvenant à s’extirper quelque fois du chaos ambiant avec plus ou moins de réussite. Si ‘Beyond Alive’ s’en tire avec les honneurs, les riffs metal de ‘Turned Off’ et les voix trafiquées de ‘Why A Bitch Gotta Lie’ ressemblent à de surprenantes fautes de goût.

En attendant, ‘Jenny Death’ clôturerait l’aventure Death Grips de la façon la plus sérieuse: convaincant de bout en bout, et pêchant seulement sur quelques erreurs de parcours, le groupe se replace in extremis dans la lignée de ses meilleurs albums, balançant bûchette sur bûchette avec un sens de la formule parfaitement en place.

‘I Break Mirrors With My Face In The United States’, ‘Inanimate Sensation’, ‘Beyond Alive’, ‘Centuries Of Damn’

À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire