Death Cab For Cutie – ‘Kintsugi’

Album / Warner / 30.03.2015
Pop

Des huit albums que compte désormais la discographie de Death Cab For Cutie, celui-ci n’aura pas été le plus facile à accoucher. En effet, passé par plus de bas que de hauts ces derniers mois, le groupe ne pouvait finalement trouver meilleure métaphore que ‘Kintsugi’ (méthode japonaise consistant à réparer les céramiques cassées avec de l’or pour souligner les fêlures plutôt que de les dissimuler) pour illustrer tout le mal qu’il a eu à venir à bout d’un opus marquant un tournant dans sa carrière. Surtout parce qu’il restera à jamais le premier confié à un autre producteur que Chris Walla, guitariste et multi-instrumentaliste originel ayant décidé de décliner cette partie du job, puis de vaquer définitivement à ses propres occupations dès la sortie du studio.

C’est donc chez Rich Costey (Franz Ferdinand, Muse, Interpol) que Gibbard, Walla et leurs acolytes ont trouvé des épaules assez larges pour reprendre le flambeau, et l’occasion de changer leur méthode de travail. Pour la première fois de leur histoire, tous ont contribué à la composition, à coups de jams en studio, pour permettre à leur nouveau collaborateur de tirer le meilleur d’un groupe qui se connait par coeur, mais aussi pour capturer la spontanéité du live. En atteste notamment ‘The Ghosts Of Beverly Drive’, né d’un enregistrement de vingt minutes capturé sur seulement… deux pistes.

Pour le reste, ‘Kintsugi’ est sans surprise une nouvelle éruption pop riche en arrangements (‘No Room In Frame’, ‘Everything’s a Ceiling’), ou les guitares reprennent le dessus sur les synthétiseurs et machines, ou les mélodies dont Ben Gibbard s’est fait maître caressent dans le sens du poil. Frappé de son écriture à la fois autobiographique et sujette à interprétations, l’album voit encore le frontman se livrer sans retenue, par respect pour des fans qui chaque fois viennent chercher chez lui une façon unique d’aborder les thèmes sentimentaux (‘Little Wanderer’), et malgré son divorce médiatisé avec Zooey Deschanel (‘Black Sun’) qui aurait pu l’amener à censurer sa copie.

Déjà en pleine tempête, il ne fallait pas non plus attendre de Death Cab For Cutie qu’il innove et se prive ainsi du peu de confort qu’il lui restait. L’album se partage donc entre ballades mélancoliques (‘You’ve Haunted Me All Your Life’, ‘Binary Sea’, ‘Hold No Guns’ que Gibbard aurait pu faire figurer à son album solo) et hymnes pop qui trouveront incontestablement quelques ondes pour les accueillir outre Atlantique (‘Good Help (Is So Hard to Find)’, ‘El Dorado’). Sans compter sur le fidèle public du groupe qui trouvera en ‘Kintsugi’ une nouvelle justification de son affection parfois démesurée.

‘Black Sun’, ‘Little Wanderer’

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