Dead Pop Club – « Trailer Park »

Trailer Park[Album]
06/02/2006
(Crash Disques/Pias)

Il y a déjà quelques années, Dead Pop Club faisait partie de ces groupes à rêver d’une carrière à la Burning Heads, aujourd’hui éternels grands frères de la scène punk mélodique française. Aujourd’hui, les parisiens sortent « Trailer Park », leur troisième album, et sont devenus aussi attendus que les orléanais. La raison de tout cela, une ligne de conduite qui ne bouge pas d’un iota, qui se « contente » de s’améliorer au fil du temps, chose plutôt plaisante et rassurante en ces temps d’opportunisme rock n’roll. La couverture des Inrocks, Dead Pop Club s’en branle comme de l’an 40. Le groupe préfère élargir son public à grands coups de tournées, en partageant généreusement son répertoire punk pop n’roll de toujours, au risque de voir son public grandir sans lui, et de déplaire aux éternelles mauvaises langues pour qui le rock mélodique n’est qu’une affaire de kids pré-pubères

Peu importe. Dead Pop Club atteint sûrement ses trente ans de moyenne d’âge, se cultive aux comics, à la science fiction, écoute encore les Ramones, se saoule à la roteuse, et emmerde bien tous ceux à qui cela pourrait déplaire. Pour qui aime Dead Pop Club, écouter « Trailer Park » est comme une nouvelle bouffée de jeunesse, un recueil d’une grosse dizaine de titres bourrés d’énergie et de mélodie pour repousser les rides et le temps de la liposucion. « Autopilot Off », leur précédent opus déjà très convaincant, allait dans ce sens mais va désormais prendre, lui, un sérieux coup de vieux

Le quatuor, toujours avec l’aide de Fred Norguet à la production, semble avoir bien décidé de passer à la vitesse supérieure et d’enchaîner les tubes. Fini les albums en dents-de-scie, les parisiens jouent désormais la constance, laissent planer leurs influences de toujours (Samiam et Foo Fighters en tête) et musclent même régulièrement leur jeu avec des titres sérieusement rock n’roll (« Circle Pit »). L’entame de ce disque résume tout cela parfaitement: « Cursed » fait mouche avec son refrain dévastateur, « Numbers » est balancé pied au plancher, et on frissonne sur les mélodies de « What Are We Getting Out Of This? ». On pense alors que le quatuor a posé ses meilleures cartes, histoire de rapidement convaincre les pressés des bornes d’écoute. Ce serait sans compter sur « Undead », « Stupid Kid », « Monroeville », ou « Wonderland », tous tubesques, et parfaitement complétés par un registre mélancolique plus inhabituel chez le groupe (« No More Heroes » et l’excellent « 412 Ocean Avenue »)

« Trailer Park » finira donc de convaincre les quelques sceptiques restants. Dead Pop Club devient clairement une référence du rock français qui chante en anglais, qui ne fait pas les couvertures et qui passe très peu en radio. Merde aux programmateurs et aux majors. C’est bien connu, quand il y a le feu, l’air respirable est en bas… Underground quand tu nous tiens…

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