Dead Ghosts – « Can’t Get No »

Album
(Burger)
09/07/2013

Le garage-rock a beau être en vogue, débarquer en 2013 avec un album appelé « Can’t Get No » est sacrément couillu. D’ambition, les canadiens de Dead Ghosts n’en manquent sans doute pas.  Mais, s’il y a pléiade de groupes jouant à toute vitesse, grattant la guitare avec un déchaînement fort d’une énergie sans cesse renouvelée, pourquoi sombrent-ils tous dans cette même tendance du fuzz à tous les étages, de disto et d’écho pour tout le monde? On apprécie certes le délicat timbre vocal de Bradford Cox – frontman de Deerhunter – ou les mélodies de Thee Oh Sees parce que les deux formations apportent une vraie patte derrière leurs effets. Mais, dans une époque ou l’on maîtrise absolument tous les tenants et les aboutissants de l’enregistrement, on s’interroge sur ces incessantes tentatives de sonner comme il y a 40 ans.

Au menu de ce « Can’t Get No », Dead Ghosts propose trente minute d’un garage-rock psychédélique, aux accointances surf-rock 60’s, offrant à boire et à manger. L’ouverture est certes efficace et, à l’écoute de la chanson éponyme comme de « That Old Feeling », on imagine bien se frayer un chemin sur l’Interstate 5 dans une Cadillac ronronnante aux couleurs flashy. Et la suite alors? On y retrouve des connotations Shadows (« Summer with Phil »), Byrds ou Animals (« Cold Stare », « You Don’t Belong ») mais aussi des choses à la limite de l’audible.

Pour enregistrer l’album, les quatre canadiens ont donc baladé leur 8-pistes acheté sur Craiglists (selon la légende) dans tous leurs endroits favoris, mais le résultat est parfois délicat. Illustration sur « On your Own », mais surtout sur « I Want You Back »: deux tentatives plutôt étranges de retrouver un son old-school au point que l’on peine à comprendre les paroles. Parce qu’à tout saturer, et parce que ne sonne pas comme les Sonics qui veut, on finit par en oublier l’essence même de la chose.

On trouvera tout de même une perle au milieu de ces douze pistes: la plus longue chanson de l’album facturant un impressionnant 3min16! La belle « Roky Said » – hommage au chanteur des emblématiques 13th Floor Elevators, Roky Erikson –  montre en effet que le groupe a quand même compris pas mal de trucs sur sa période de prédilection. Un bilan donc mitigé pour un deuxième opus qui, à défaut d’être raté, et bien qu’il cherche impérativement à sonner comme une époque aujourd’hui révolue, n’est pas digne du plus total désintérêt.

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