dDamage – « Aeroplanes »

dd180Album
(Ascetic)
19/04/2010
Electro hip hop

Les frangins les plus déglingués de la scène electro française ne sont pas les plus faciles à suivre: entre d’incessants changements de labels, de récurrents va-et-vient entre une electro qui bastonne et une autre comme cul et chemise avec le hip hop, difficile de savoir à quoi s’attendre à chaque fois que dDamage sort un disque. « Aeroplanes », d’abord annoncé fin 2009 puis finalement attendu en ce mois d’avril, dévoilait cependant beaucoup plus d’indices que les précédents albums du duo. Un titre mis en ligne pour attirer le novice et calmer un peu l’impatient sujet à la tachycardie, un autre qui aura séduit les publicitaires, des featurings divers et variés mais majoritairement urbains, un nouveau label – Ascetic Music – à l’historique définitivement plus hip hop (Pacewon, Insight, Kohndo…): autant d’éléments qui auront suffit pour nous laisser pressentir à raison que dDamage allait nous pondre tout autre chose que son « 100% Hate », récent maxi testostéroné.

Dans le mille! Pourtant les fidèles qui auront réussi l’exploit de suivre les frères Hanak dans leurs moindres péripéties, s’apercevront vite qu’il ne s’agit pas uniquement ici de nouvelles compositions, certains titres s’offrant une nouvelle vie en se voyant ressortis des placards des potes (Christ, Raoul Sinier…), ou retravaillés pour l’occasion (« Aeroplanes » ici en version straight, « Ink808 » toujours remixé par Krazy Baldhead mais avec un autre edit…). Mais pas de quoi laisser retomber l’enthousiasme pour autant car « Aeroplanes » n’en est pas moins efficace, et contient bien son lot d’inédits et de satisfactions pour qui aime se laisser posséder par les impulsions électroniques et les mélodies toujours très personnelles de dDamage. Car, sans aucun remplissage, JB et Fred réunissent toutes leurs influences via quatorze titres de leur cru: electro, rock, punk, hip hop ont tous droit de cité tout au long de cet album fort de quelques déflagrations d’une puissance qu’on espérait secrètement.

« Aeroplanes » vise donc juste. Et pour justifier tout son intérêt, cet heureux sort n’est pas uniquement réservé à la moitié d’inédits qu’il contient. Ainsi, quand le duo prend en grippe le « Fuzzbox » de Bomb The Bass (feat Jon Spencer) et le « Pariscore » de Mochipet pour en faire les parenthèses énervées de son disque, il ne manque pas non plus de livrer quelques titres plus posés, comme sa revisite énervée du « Tarantulas » de Radioinactive, « One To Hate » feat Stuntman5, ou « Please Don’t Stop » chanté par Angil, figure indie pop hexagonale. Quant au reste, bel et bien inédit, nettement plus hip hop, il est tout autant empreint de cette manie de découper les beats et de faire crisser les mélodies: un environnement musical qui sied pleinement à un Sin solo (« The Belly ») ou accompagné d’Agallah et Young Jeezy (« The Truth »), comme à Tes, qu’il soit lui aussi seul (« Poulet Free ») ou épaulé par Crunc Tesla (« Sirup Head Elephant »).

Avant de s’atteler à un nouveau projet qui, parait-il, sera une nouvelle fois synonyme de total contre pied, les dDamage, en bon producteurs boulimiques qu’ils sont, ont obtenu ce qu’ils voulaient: pondre quelques nouveaux titres et rameuter sur « Aeroplanes » toute la musique qu’ils avaient laissé voguer en toute liberté jusque là, juste histoire de rappeler qu’elle existe. Qu’ils se rassurent: à la voir prendre sa place ainsi au sein de leur discographie, on ne l’oubliera plus.

En écoute




Disponible sur
itunes15

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