David Bazan – « Curse Your Branches »

bazan180Album
(Barsuk)
01/09/2009

Quatre ans après que Pedro The Lion ait mis officiellement la clé sous la porte, son frontman David Bazan sort enfin son premier album, annoncé en 2006 par « Fewer Moving Parts », un maxi plein de promesses, mais qui aura eu peine à trouver un successeur. Pourtant, malgré un long et récent absentéisme qui lui auront offert trois bonnes années pour préparer cette étape décisive, le bonhomme est aujourd’hui considéré comme un des tous meilleurs songwritters du pays. « Curse Your Branches », dont on finissait par se demander s’il allait bien sortir un jour, doit donc répondre à toutes les attentes: celles de son fidèle public peu surpris par cette reconnaissance bien méritée, comme celles d’un autre plus novice, plus grand public, ayant déjà eu l’occasion de se laisser séduire par sa musique aux racines bien plantées dans l’americana (« Please Baby Please », « Lost My Shape »). Et ce sont elles qui feront à coup sûr diverger les avis. En effet, David Bazan a passé un cap, s’est échappé de l’ombre indie rock qui planait sur ses expériences passées pour mieux arrondir les angles, soigner ses compositions, ses arrangements surtout, et prendre à sa charge l’intégralité de l’interprétation. « Curse Your Branches » ne dépayse donc pas réellement, Bazan restant maître de son art, de son émotion, de ses textes à la fois profonds et spirituels, de ses mélodies couchées sur des rythmes posés, celles qu’il affectionne particulièrement depuis de nombreuses années (« Hard To Be »). Seul hic: plus le temps passe, plus on s’approche dangereusement de la musique à papa (« Curse Your Branches », « Harmless Sparks », « Bearing Witness »), celle qui ne veut surtout pas faire de vague, de la ville jusqu’aux endroits les plus retirés et conservateurs des Etats Unis, alors qu’il s’efforce paradoxalement ici d’aborder longuement ces dissensions avec l’évangélisme dans lequel il a grandi, tout comme l’écart constaté entre les générations. Mais plus qu’un manque de cohérence dont on doute fort de la part de quelqu’un de si talentueux, on y verra plus volontiers une manière douce pour faire entrer ses opinions dans les foyers du plus grand nombre. Et Dieu sait si l’Amérique en a besoin…

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