Danko Jones – « Never Too Loud »

Never Too Loud[Album]
24/03/2008
(Bad Taste/Nocturne)

Attention ce disque s’adresse tout particulièrement aux vieux briscards du rock, aux éternels adeptes du « c’était mieux avant », à ceux qui crachent systématiquement sur les jeunes groupes osant parfois piocher trop généreusement leurs influences dans le rock des années 70 et 80, à ceux aussi qui voient Danko Jones comme le dernier représentant d’un rock digne de ce nom. En effet, « Never Too Loud », nouvel album des Canadiens, va plus que jamais leur servir la soupe en sonnant ouvertement hard rock, une passion qu’ils n’ont d’ailleurs jamais cachée.

Que les autres, plus objectifs et moins aimantés au zinc, prennent donc ce disque avec plus de pincettes que par le passé, tout en se préparant à une belle déception. Car jamais le trio n’avait autant fait preuve de ringardise, flirtant autant avec le rock taillé pour les stades (un « Let’s Get Undressed » qui n’est pas sans rappeler AC/DC), que celui condamné aux clubs à moitié vides tenus par des programmateurs nostalgiques, ou l’alcoolique local bien connu y va de son légendaire exercice d’air-guitar sous le regard aussi amusé que médusé d’un public blasé par ce rituel récurrent

Bref, Danko a clairement voulu casser sa routine tout en caressant les vieux dans le sens du poil, en leur proposant sur un plateau quelques vieilles réminiscences Kiss ou Thin Lizzy. Pour cela, il a ajouté un peu de mélodie à son chant (flagrant sur les pathétiques « Ravenous » et « City Streets »), et a offert un peu d’air à ses morceaux via quelques breaks oxygénants. Pourquoi pas, sauf qu’au final, « Never Too Loud » est loin de susciter autant d’excitation que sur papier, et s’avère être un pauvre catalogue des différentes options hard rock auxquelles un disque de rock puisse souscrire

Des exemples? On se demande quelle mouche l’a piqué avant qu’il immortalise ce « Take Me Home » aux accents pop et dans lequel il voyait peut-être un tube; c’est par la plus grande des concessions qu’on finit par se dire que, effectivement, John Garcia (Kyuss) contribue peut-être au fait que « Forest For The Trees » n’est pas si manqué… Du coup, touché de plein fouet par cette médiocrité inattendue, ou au mieux par une poignée de titres bien fades (« Still In Highschool », « Your Tears My Smile »), on aurait presque tendance à se raccrocher à la moindre débauche d’énergie (« Code Of The Road », « Something Better »), ou au premier riff bien senti (« King Of Magazines »)

Devenu l’égérie d’un public rock en mal de repères, Danko Jones a peut-être scié avec ce « Never Too Loud » un des pieds de son trône fraîchement conquis. Encore qu’il ne soit pas impossible que, malgré une orientation plus grand public qui leur déplaira sûrement, ses fidèles, durs de la feuille et d’une objectivité sans borne (sic), n’y voient que du feu… Pfff, z’ont rien compris ces gosses..

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