Dan Auerbach – ‘Waiting on a Song’

Dan Auerbach – ‘Waiting on a Song’

Album / Easy Eye Sound / 02.06.2017
Rock n’roll – folk – country – new retro

‘Shine On Me’, premier extrait du nouvel album du frontman des Black Keys, avait auguré d’un disque guilleret, renvoyant davantage aux balades enjouées des Stanley Brothers qu’au blues âpre de Jr Kimbrough. Pourtant, c’est un album faussement accessible que nous livre le fils adoptif de Nashville : derrière ses rengaines entraînantes, ‘Waiting On a Song’ est un traité érudit sur les racines de la musique américaine, dont chaque protagoniste, de la légende du fingerstyle Duane Eddy au guitariste de Dire Straits Mark Knopfler, vient présenter un témoignage sincère. Difficile alors de se contenter de juger ces chansons pour ce qu’elles sont sans être tenté de jouer à l’archéologue du dimanche, et d’exhumer des cuivres à la ‘Let’s Stay Together’ par-ci, des Wurlitzer à la ‘Suspicious Minds’ par là…

Or c’est bien de chansons dont il s’agit ici, ou, comme on dirait pour qualifier cette musique plus américaine que Steve McQueen partageant des Buffalo Wings avec Ron Swanson, de songwriting. C’est même la première fois que Dan Auerbach s’est adonné à cet exercice de manière orthodoxe. Habitué à écrire en tournée ou en studio, le guitariste a pris le temps de profiter de la compagnie de ses héros septuagénaires, comme John Prine ou Pat McLaughin, pour écrire pas loin de 200 morceaux, dont 10 ont été choisis pour l’album. Cette nouvelle méthode explique le changement de ligne éditoriale et la part belle faite aux refrains accrocheurs, au détriment peut-être des riffs ravageurs qui ont fait le succès des Keys.

Elle explique sans doute également l’optimisme de l’album : loin de la pression des tournées incessantes, de l’atmosphère froide et artificielle des grands studios, Dan Auerbach semble avoir trouvé un rythme lui permettant de se consacrer entièrement à un ouvrage de plus long cours que la publication d’un album – la réhabilitation d’un son menacé par l’inéluctable marche du progrès. Cette restauration, dont l’atelier est le Easy Eye Sound studio créé par l’artiste lui-même, et à laquelle participe de son côté – et en totale inimitié –  Jack White et son Third Man Records, est donc, on l’aura compris, également la restauration d’un mode de vie. Un mode de vie qui cherche à réconcilier le travail avec la créativité, et qui semble y parvenir dès la première chanson : ‘Songs don’t blow on trees / You gotta pick them out the breeze‘ – ‘Les chansons ne poussent pas sur les arbres / Elles se cueillent dans la brise‘. Et tout ça… en mono !

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A ECOUTER EN PRIORITE
‘Waiting On A Song’, ‘Malibu Man’, ‘King Of A One Horse Town’, ‘Never In My Wildest Dreams’, ‘Undertow’


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