Cyne – « Starship Utopia »

Starship Utopia[Album]
16/07/2008
(Project Mooncircle/La Baleine)

Réunis en 2001 sous l’acronyme CYNE (Cultivating Your New Experience) et aussitôt affiliés au courant « jazzy » du Hip-Hop, les quatre membres qui composent le groupe, tous originaires de Gainseville en Floride, ont vite fait de remettre les points sur les « i »: « on ne voit carrément pas notre musique comme étant plus influencée par le Jazz que part n’importe quel autre genre de musique » précise Cise Star, l’un des deux Mc’s aux cotés de Akin. Et force est de reconnaître que Speck et Enoch, les deux metteurs en son, ratissent large en avouant s’inspirer autant des instrus bancales d’un RZA que des compositions de Kate Bush, des sonorités Krautrock que du sampling façon Jay Dee. Sept ans après leur coup d’essai « African Elephants », et alors que s’achève une série de collaborations fructueuses (sur scène avec RJD2 ou en studio avec Daedelus), place à « Starship Utopia », mélange séduisant aux croisées du trip-hop et du rap

Instrus soyeuses et textes « conscients » rappés avec finesse, voila résumé en quelques mots le contenu de ce troisième opus. Privilégiant les ambiances downtempo, les deux producteurs, sans pour autant s’interdire les beats nerveux à base de guitare électrique (« Six Shooter »), élaborent patiemment et avec brio un recueil planant de compositions crossover (on songe parfois au dernier Flying Lotus, notamment sur le très organique « Elemental »), aussi à l’aise dans l’art de la boucle (« Loopholes ») que dans l’utilisation d’instruments lives. « Divides » et son tempo sous codéine, « Starship Utopia » et ses choeurs ensoleillés, « 3 Sex Tapes » aux reflets electro étirés à l’envie, l’écoute de ces onze pistes tient autant de la séance de relaxation que du rap, le flow parfaitement maîtrisé et les textes optimistes en plus (« BET, MTV, They kill the music / Radio wanna be thugs, Who kills the music ? / RAP City, TRL, They kill the music / Wait, hold on, it’s not dead! »)

Bénéfiques pour le groupe, ces trois dernières années de silence discographique marquent un retour inspiré, homogène, fluide malgré la somme d’influences convoquées pour l’occasion. Facilement accessible pour qui aime garder ses oreilles grandes ouvertes, le résultat, pourtant loin de risquer l’excès de BPM, parvient à trouver l’équilibre instable entre introspection et ennui profond, le groupe ayant eu la bonne idée de s’en tenir à des pistes courtes. Finalement, un mal pour un bien

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