Cyesm – « Weird Stories »

cyesm180Album
(Good Citizen Factory)
20/01/2012
Electro trip hop

Cyesm produit comme il respire, et ses disques – qu’il sort presque tous les six mois – ne sont que la partie visible de l’iceberg. Peu adepte de l’exercice live habituellement couru par les musiciens, le manceau préfère de loin la quiétude de son home studio pour laisser vagabonder son inspiration, laisser fuiter la mélancolie chère à ce trip hop qu’il affectionne depuis ses débuts. Pourtant, de sa tanière ou il prend soin d’immortaliser son travail, l’ours ne reste pas insensible au monde qui l’entoure, aux tendances musicales qui ne manquent pas d’étoffer une oeuvre qu’il se charge lui-même de faire évoluer au fil de son savoir et de son expérience grandissante.

Jamais opportuniste, surtout pas rétrograde, Cyesm fait ainsi partie des rares producteurs qui parviennent toujours à accrocher le train en marche, à maintenir le trip hop au fait de l’actualité, malgré tous les préjugés et les nombreux précurseurs restés à quai il y a une bonne dizaine d’années maintenant. « Weird Stories », son dernier né, en est d’ailleurs une nouvelle preuve flagrante puisqu’il creuse brillamment le sillon de son prédécesseur qui, déjà, laissait la part belle aux sonorités plus electro.

Dès l’imparable « Somehow » – sombre, léger et plus cinématographique que jamais – la maturité de Cyesm ne laisse plus de place au doute. En effet, si autrefois quelques bémols de production ou gimmicks stéréotypés venaient trahir une certaine jeunesse, le bonhomme use pour de bon de ses meilleurs arguments: compositions profondes, richesses de sonorités, arrangements pointilleux, pouvoir émotionnel, ambiances définitivement propices à l’imagination, ainsi que beauté des voix quand elles interviennent (celle, fidèle, de Clelia Vega sur « Who’s There? »). Autant d’atouts avec lesquelles Cyesm jongle, et qu’il peut (ou non) cumuler.

Alors, avec une logique implacable et un naturel presque déconcertant, le manceau taquine le hip hop underground habituellement chéri de Chicago à San Francisco (« The End Will Taste Like You »), chatouille le dubstep à grands coups de basse (« Brain Basically Feeded », « Puppets Machined »), tente l’electro pop avec réussite (« Abnormal People »), comme il use des meilleurs subterfuges pour sauver son trip hop du poids des ans (les cuivres sourds de « Empire Street »). Tout au long de « Weird Stories », non seulement il y parvient, mais il s’ouvre également une quantité de portes susceptibles d’être empruntées à l’avenir. Ca promet…

Disponible sur
itunes20

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Une réponse à Cyesm – « Weird Stories »

  1. spada 24 janvier 2012 à 9 h 57 min #

    disponible sur i-thunes à 9,99
    mais aussi sur bandcamp à 8€, direct pour l’artiste.

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