Cyesm – « Twelve Code »

Twelve Code[Album]
01/01/2008
(Good Citizen Factory/Autoproduit)

Originaire du Mans, Pascal Boudet aka Cyesm est l’un de ces artistes polyvalents et aventuriers qui ont bien vite compris à quel point l’interaction entre différentes formes d’art (notamment entre la musique et les arts visuels) pouvait être porteuse de richesses innovantes… Après Electro Addict Band et MAP, « Twelve Code », son dernier projet né de la rencontre avec le vidéaste et photographe Benjamin Juhel, est une très bonne illustration de ce qui fonde la démarche du producteur, visant à créer un son hautement cinématographique. Car même lorsqu’elle n’est pas accompagnée de vidéos, la musique de Cyesm dégage quelque chose d’ineffable qui bouscule l’imagination, plongeant l’auditeur dans des atmosphères sombres et oppressantes qui risquent fort de déranger les oreilles les plus sensibles… Dans la lignée directe des productions d’Ez3kiel et du label Jarring Effects, Cyesm nous offre ici un son hybride et inclassable, profondément électronique mais en perpétuelle mutation, explorant sans relâche les frontières des genres. Ainsi, le Manceau n’hésite pas à aller lorgner du côté du rock, dans l’excellent « Station And Other Place » (qui n’est pas sans rappeler les univers d’High Tone ou de Löbe Radiant Dub System), ou de celui du nu-jazz, dans un « Free Clash » instrumentalement très riche. Construit à partir de rythmiques lourdes et puissantes, ce nouvel opus dévoile aussi de claires affinités avec la drum n’ bass (« Communication Is Missing », « Tortured Toes »), et projette volontiers dans des ambiances angoissantes à souhait, voire apocalyptiques (« Guns Access », « Looking For Bully », « Nightmare At All »). On retiendra au passage le merveilleux « Interlude 12C », mené par le piano mélancolique de Clelia Vega, ainsi que l’organique et apaisant « Silent Prophet », qui sonnent comme une trêve au milieu de ces déchaînements sonores rudes et percutants. « Twelve Code » est avant tout destiné à un public qui ne craint pas les sensations acoustiques fortes, et ravira à coup sûr les férus de dub-electro très dark et d’univers musicaux déroutants. Rappelons enfin aux amateurs que c’est surtout en live que cette expérience artistique prend tout son sens, lorsque les visuels de Benjamin Juhel viennent à la rencontre des sons de Cyesm. En attendant, les plus impatients peuvent toujours se rendre sur le myspace du « Twelvecode Project », afin d’y découvrir déjà quelques vidéos..

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