Cyesm – « Oops I Dig It Again »

Oops I Dig It Again[Album]
01/06/2008
(Good Citizen Factory/Autoproduit)

Héritier d’une scène electro dub française en perte de vitesse depuis quelques années, Cyesm fait partie de ce groupe d’activistes musicaux ultra créatifs, qui, de Zenzile à Brain Damage en passant par Idem, ont décidé d’injecter du renouveau dans ce genre qui ne demande qu’à connaître un second âge d’or. Et autant dire que le Manceau ne lésine pas sur les idées pour apporter sa pierre à l’édifice. Son dernier projet en date, la performance audio-vidéo « Twelve Code » avec le photographe Benjamin Juhel, en est la preuve directe, mettant en lumière comme il se doit son potentiel énorme. « Oops I Dig It Again », nouvel album solo, vient désormais confirmer que Cyesm a plus d’un tour dans son sac. En découvrant cette dernière galette, on aurait en effet pu s’attendre à retrouver les atmosphères sombres et grinçantes de « Twelve Code », au charme résolument anxiogène. Rien de tel: Cyesm opère ici dans un tout autre registre, lorgnant davantage vers un trip-hop instrumental teinté de free jazz, dans la veine d’Erik Truffaz ou de Troublemakers. La formidable capacité du producteur à créer des ambiances sonores éclectiques et imagées reste néanmoins intacte, de même que sa dextérité à convoquer des instruments en tout genre, de la guitare électrique saturée (parfaite dans l’excellent « Basically Product » introductif) aux cuivres et claviers jazzy (« Champagne », « Kind Of Green », « Clap Your Head »), voire même aux vocals soul, comme l’illustre le langoureux « Shy Spirit ». On ne s’étonnera donc pas de trouver dans cet album des titres rappelant volontiers la carrure de certaines productions de Wax Tailor, qui arborent volontiers une solide base hip-hop au travers de beats claquants et de scratches affutés (« Who Am I », « Complain About Sun »), tout en laissant une belle place aux influences jazz et funk. Le résultat est on ne peut plus efficace et prometteur, témoin de la vitalité de la musique indépendante en offrant des sons survitaminés qu’on écouterait en boucle, comme les énormes « Funky Brother » et « Junky Funky Food ». Incontestablement, Cyesm maîtrise son sujet, et s’élève sans difficultés sur un piédestal surplombant la scène électro française de ces derniers mois. Un seul regret: que « Oops I Dig It Again » ne dure pas plus de 33 petites minutes..

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