Cursive – ‘Vitriola’

Cursive – ‘Vitriola’

Album / Big Scary Monsters / 05.10.2018
Emo pop


Si Cursive s’est toujours conjugué au présent depuis la fin des années 90, c’est surtout aux ‘vieux’ que le groupe parle encore, à ceux qui se laissaient justement convaincre durant la première moitié des années 2000, avec Domestica ou The Ugly Organ par exemple, qu’ils avaient affaire là à un des acteurs les plus talentueux de la scène émo. Reste que depuis, en sortant deux derniers opus dispensables, le sextet n’a fait qu’émietter son rang, au point qu’on n’attendait plus vraiment son retour, six ans après un I Am Gemini décevant, à l’inspiration noyée sous les stéréotypes du genre, comme si la formation du Nebraska avait délibérément décidé de se tirer une balle dans les deux pieds.

Marqué par le retour du batteur originel Clint Schnase, en remplacement de Cully Symington parti chez Sparta, le Cursive de 2018 redore son image, laissant les médisants rétorquer qu’il ne pouvait de toute façon pas faire pire. Car ce huitième album repose sur une ambivalence intéressante entre le pessimisme plus exacerbé que jamais exprimé dans les textes d’un Tim Kasher révolté par l’ère Trump mais aussi préoccupé par ses conflits internes, et des compositions majoritairement sombres, à la vigueur et l’urgence inédites (Ouroboros), rendues pénétrables par un travail affuté sur les mélodies (Everending).

Car ce sont encore et toujours elles qui font ici office de piliers, mais Vitriola se démarque des fausses notes du passé par ses compositions plus profondes et mieux pensées (Noble Soldier/Dystopian Lament). En attestent l’ouverture ascensionnelle Free to Be or Not to Be You and Me, le retour d’un violoncelle qui ne s’était plus fait entendre depuis 2003 et The Ugly Organ (Pick up the Pieces, It’s Gonna Hurt…), ou ces Life Savings et Everending, hits aux allure toutes naturelles. Autant de réjouissances venant contrebalancer quelques facilités qu’un monstre comme Cursive aurait pu éviter (Under The Rainbow). Psychotique à souhait, Vitriola n’est certes pas un remède à tout, mais il est loin d’être aussi nocif que ce qu’on aurait pensé à la lecture de ses deux derniers méfaits. Probable même que les inconditionnels du groupe y voient un retour en force.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Free to Be or Not to Be You and Me, It’s Gonna Hurt, Ouroboros, Everending, Life Savings


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