Cunninlynguists – « Dirty Acres »

Dirty Acres[Album]
27/11/2007
(Bad Taste/Nocturne)

Avec un nom aussi difficile à porter, les Cunninlynguists marquent d’entrer leur différence. Malgré cela, Deacon The Villain, Natti et leur dj-producteur Kno n’ont pas encore rencontré le succès espéré. C’est donc déjà un sixième album qu’ils nous proposent depuis lors rencontre en 2001, soit presqu’un opus par an. Mais tout semble réuni pour que, cette fois, ce « Dirty Acres » marque enfin un tournant dans leur carrière.

Originaire du Kentucky (berceau du bourbon et de la musique « Bluegrass »), Etat aux limites du Midwest et du sud profond, le trio s’inspire évidemment des influences nombreuses que leur offre leur l’environnement. Logique de trouver un mélange de styles qui définira bien, au final, la couleur musicale proposée ici. Car on oscille en permanence entre titres aux influences sudistes (« Valley Of Death », « Gun » et sa guitare sèche latine), et d’autres beaucoup plus sophistiqués, qui trouveraient facilement leur place dans les clubs les plus branchés: « Dirty Acres », « Wonderful », « The Park », tous trois emprunts de légèretés, classiques mais flirtant avec un style plus grand public. Difficile de ne pas effectuer dés à présent un parallèle avec Outkast, un autre groupe natif du sud. Géographiques dans un premier temps, les ressemblances deviennent mêmes musicales lorsqu’on écoute « Yellow Lines », très proche de ce que le duo d’Atlanta proposait à l’époque d' »Atliens ». « Dance For Me » et « Mexico » s’inscrivent dans la même mouvance. Mais leur originalité propre apparait plus nettement grâce au plus rythmé « K.K.K.Y », ou au magnifique « Georgia », moins consensuel que le tube de Ray Charles mais empli d’une émotion certaine, et d’un riff de guitare apportant une couleur intéressante. « Things I Dream » restera certainement le titre phare de cet album: un beat original couplé à un sample oppressant, le tout agrémenté d’un refrain posé cassant l’ambiance afin d’offrir un contraste des plus plaisants. On retrouve quelques invités puisque Devin The Dude, Phonte, Witchdoctor, Sheisty Khrist, ainsi que Club Dub apparaissent sur ce « Dirty Acres » bien ficelé

Qu’importe que les Cunninlynguists n’appartiennent pas aux places fortes du hiphop que sont New-York, L.A, Chicago, ou encore Detroit. Ils prouvent que, bien que venant de l’Amérique dite profonde, on peut proposer un travail de qualité, même si leur parcours s’est révélé plus long et plus difficile. Incontestablement, les productions de plus en plus affirmées et surtout plus « ouvertes » de Kno y sont pour beaucoup dans l’évolution de ce groupe, qui arrive tardivement à maturité. Comme un vieux bourbon, distillé avec art, mais qui aura toujours besoin de temps pour prendre tout son arôme

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