Conveyor – « Conveyor »

conve180Album
(Paper Garden)
17/07/2012
Indie

En signant son premier album éponyme, Conveyor fut la belle surprise de cet été. Porté par les explorations psychédéliques, le quatuor new yorkais nous plonge en effet dans une belle démonstration de joie. Dès l’introduction « Woolgatherer », il convoque tous les ingrédients d’un pique-nique au soleil enchanteur: en mêlant les guitares acoustiques à un maelström de claviers, boite à rythmes, batterie, percussions et chant à l’unisson, le groupe révèle une ingéniosité rare en parvenant à faire peu avec beaucoup d’éléments. Pop, cet album l’est donc par excellence, de par ses compositions planantes, oniriques, d’une beauté à couper le souffle (« Homes », « Short Hair », « Mukraker », « All »), mais aussi avec ses tubes électriques, souvent complexes mais subtiles, faits de saccades, de boucles et de citations (« Two Davids », « Right Sleep », « Mom Talk »). Si le métissage fut longtemps une notion galvaudée par les bouffonneries du Live Aids, Conveyor n’hésite pas à plonger dans le mariachi, l’antifolk, la pop coconut et le rock avec classe, aisance et simplicité. À l’heure du récent échec de Maps & Atlases, du dispensable side-project des Fleet Foxes, du futur Grizzly Bear solide sans briller, le combo évoque ces trois fleurons d’antan, sans jamais les singer. Au contraire, dans un relatif anonymat, les new-yorkais se plaisent dans l’exaltation et la candeur, symptôme d’une génération sans complexe. Au fond, ils n’accèderont peut-être jamais à la reconnaissance des pubards du milieu mais leur album est simplement un des objets les plus distingués de cette année. C’est là que nous pourrions nous fendre d’une diatribe contre l’injustice d’une corporation pourrie par le fric, mais cela ne vaut vraiment pas le coup de se griller pour une formation aussi ingénue.

itunes8

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