Condense – « Placebo »

Placebo[Album]
01/01/1996
(Pandemonium/Autoproduit)

Il aura fallu seulement six ans à Condense, si peu de temps aux vues d’autres carrières musicales, pour devenir un défricheur, une référence, un groupe cité comme influence dans beaucoup de chroniques d’album alliant la noise, le hardcore et le punk. Dans les nôtres notamment. Six ans, de 1990 à 1996, pendant lesquels les lyonnais se sont laissés habiter par la hargne, la recherche d’originalité, la constante petite avance artistique sur les collègues histoire de ne jamais se fondre dans la masse, et surtout cet indestructible désir d’autonomie auquel se sont heurtées pas mal de maisons de disques entre autres. C’est sûrement tout cela qui donne à Condense ce statut de groupe français éternel, comme le seront à leur manière les Burning Heads lorsque ceux ci mettront un terme à leur longue carrière dévouée au punk rock

Tout à commencé (et se finira) chez Pandémonium, label marseillais. C’est d’abord le maxi « Air », approximatif mais outil nécessaire aux incessantes tournées à venir, qui lancera la discographie de Condense. Puis, c’est « Genuflex », le premier album enregistré au Studio Des Forces Motrices à Genève, qui restera marqué dans les mémoires, celui auquel on pense instantanément lorsqu’on évoque le combo et qui lui ouvrira les frontières européennes aux côtés de dinosaures comme Unsane, toujours en activité aujourd’hui, ou encore Headcleaners

« Placebo » sera donc le deuxième et dernier véritable album de Condense. Auto enregistré dans des conditions live dans une grange auvergnate, il sonnera évidemment différemment de son prédécesseur. Plus clair, moins métal et surtout plus noise que « Genuflex », il laissera l’empreinte d’un groupe mature aux compositions décalées, incisives, à l’image de ces riffs de guitares rébarbatifs et ces rythmiques toujours imprévisibles. Cette fois, les titres généralement plus aérés permettront à l’auditeur de saisir toutes leurs subtilités. On retiendra surtout les excellents « Right Of The Accused », « A Farewell To Arms » et « We’re So Fuckin’ Bored With The USA ». A noter que les textes y sont toujours aussi intelligemment critiques et que Maie, manageuse et sixième membre du groupe, y fera d’ailleurs pour la première fois son apparition au chant

Aujourd’hui, la génération 90 élevée à ce type de rock garde une trace indélébile de Condense dans un coin de son esprit. Hasard ou pas, les groupes actuels les plus convaincants les citent sans hésiter parmi leurs plus fortes influences. Mieux, beaucoup d’entre eux sont lyonnais. A croire, qu’en plus d’avoir marqué au fer rouge toute une génération de rockeurs, Condense serait aussi l’éternel porte drapeau de la scène rock lyonnaise. Pas mal

Ecoutez Condense sur son site internet

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