Dub Echoes – Sonic Excursions In Dub & Beyond

dub180Album/DVD
(Soul Jazz)
18/05/2009

Comment le dub jamaïcain originel a-t-il influencé et imprégné la scène électro contemporaine? Que reste-t-il du genre dans les productions électroniques actuelles? Deux questions auxquelles le label anglais Soul Jazz Records (déjà connu pour ses fameuses compilations «Box Of Dub – Dubstep and Future Dub» et «Studio One Dub») a choisi de répondre en images et en musique, via le documentaire «Dub Echoes» et une double compilation du même nom. Si le film réalisé par Bruno Natal met en parallèle légendes jamaïcaines (Lee Perry, Bunny Lee, U Roy…) et représentants du «new-dub» (Kode9, Roots Manuva, Adrian Sherwood…) en les distinguant clairement, sa version musicale mélange quant à elle les générations et les origines géographiques au travers de 17 titres. Ainsi, on ne s’étonnera pas de trouver un dub célébrissime de King Tubby entre deux productions résolument contemporaines (le corrosif et futuriste « Dirtbox » d’Harmonic 313 et l’organique et illuminé «Sine Of The Dub» de Kode9, figure-phare du label dubstep Hyperdub), ou un sombre et lourd «Run Tings» signé Cotti, autre maître du dubstep anglais, entouré par des classiques de deux formations mythiques jamaïcaines, The Congos et The Upsetters. Des grands écarts qui peuvent surprendre mais qui ont le mérite de proposer une tentative de réponse à la problématique de départ posée par «Dub Echoes», sans tomber dans l’écueil chronologique trop souvent constaté dans des projets du même type.

Mais cette nouvelle compilation s’avère néanmoins bien en deçà de ce à quoi on pouvait s’attendre. Déjà parce que la majorité des titres commence à être largement connue et rôdée, qu’il s’agisse de la version dub de «Witness» de Roots Manuva, des titres de King Tubby enregistrés avec The Aggrovators, ou encore de la collaboration entre les Maurizio de Basic Channel et le chanteur Cornel Campbell (le titre «King In My Empire» étant déjà présent sur une compilation «Rhythm and Sound» sortie en 2004). Ensuite parce qu’à ce profond déficit d’inédits, ou du moins de titres plus rares, s’ajoutent une impression de travail bâclé, un manque d’efficacité général et une articulation de titres approximative. Si quelques tracks semblent provisoirement sauver la mise (à l’instar de «Sega Beats» du producteur allemand Disrupt, gorgé de tonalités de jeux vidéos des années 80, ou de la collaboration scotchante entre U Roy et François Kevorkian, l’un des pères fondateurs de la musique électronique), ils se révèlent trop peu nombreux pour inverser durablement la tendance et nous permettre de nous approprier le son de cette sélection.

Le projet «Dub Echoes» pose ainsi des questions pertinentes, mais les réponses qu’il avance s’avèrent peu convaincantes et trop limitées, permettant seulement de mettre en lumière la pérennité du dub dans le paysage musical… Nous n’avions honnêtement pas besoin d’une énième compilation prémâchée pour refaire ce constat évident, et plus que jamais perceptible dans la richesse de toutes les productions et rééditions actuelles, de Keith Hudson à Burial en passant par les sorties des labels français Hammerbass et Jarring Effects.

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