Common – « The Dreamer / The Believer »

common180Album
(Warner)
20/12/2011
Hip hop usé

Une carrière d’acteur à la progression constante, des mémoires publiées il y a de cela quelques mois, autant d’indices qui laissaient présager un funeste sort pour le hip-hop du rappeur de Chicago dont il a écrit quelques jolies pages durant dix-huit ans de carrière. La gestation de cet album, en préparation depuis deux ans, en était la plus sure des démonstrations. Et pourtant, c’est juste avant les fêtes que ce neuvième long format surgit de nulle part, enfin bouclé par un Common retrouvé. Sous la bannière usée du sempiternel retour au source, ces douze titres illustrent les retrouvailles entre le MC et le producteur No.ID, déjà  garant de la qualité de ses premiers disques.

D’emblée, il faut souligner la rupture opérée ici avec le décevant « Universal Mind Control« , où Common s’en était remis aux Neptunes pour un résultat plus synthétique et plus froid, qui avait pris la forme d’un joli fiasco. No.ID reprend donc ici les rênes avec poigne. Loin des audaces d’un « Electric Circus » où des tentatives d’ouverture de « Finding Forever« , il s’applique à recentrer le rappeur de l’Illinois au sein d’un univers connu, entre touches soulful et hip-hop 90s. Le premier single « Ghetto Dreams » en est le plus bel exemple, porté qu’il est par une rythmique lourde et des cuivres autoritaires. Avec Nas en renfort, le titre est un modèle de tube implacable. Au même rayon figure également l’inquiétant « Sweet » à la guitare discrète, et au flow hargneux d’un Common à son aise dans ce registre purement hip-hop dans lequel il excelle, tout comme « Lovin’ I Lost » basé sur un sample savoureux de Curtis Mayfield. Pour le reste, l’album se confond en profondes déceptions, la faute à des ambiances faussement grandiloquentes (« The Believer ») ou totalement anecdotiques, comme en attestent « Cloth » et « Celebrate » qui font la part belle aux productions guimauves, noyés jusqu’à l’écœurement dans des atmosphères putassières et confortables.

« Maybe, i’m a hopeless hip-hop romantic« … Au détour de ce portrait désuet, Common synthétise ce qu’il est maintenant. En dehors des modes, déconnecté des évolutions d’un genre auquel il aura grandement contribué, il semble désormais appartenir pour de bon au passé, à l’image de cet album tiède, ni bon ni mauvais, qui aura au moins eu le mérite de ne pas nous faire oublier qu’il œuvre toujours dans la musique.

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