Cocoon – « Where The Oceans End »

cocoon180Album
(Barclay)
25/10/2010
Pop folk

On ne va pas vous refaire l’histoire de Cocoon, plus proche du conte de fée que de la réalité. Passé, en trois ans montre en main, de sages figurines indie folk en papier mâché à groupe bankable au possible, le duo s’est – qu’on le veuille ou non – invité dans tous les foyers de l’hexagone en nous vantant yaourts et bagnoles pendant de trop longs mois. Avec un seul album à leur actif, Mark Daumail et Morgane Imbeaud ont donc longtemps marché main dans la main, sur un fil déroulé par l’opportunité de faire un gros coup, mais aussi placé au-dessus du profond précipice de l’overdose. De par cet assommant matraquage couronné par un album live sans grand intérêt, plusieurs fois ils ont failli flancher, griller toutes leurs cartes, et donner définitivement envie de ne plus les entendre.

Jusqu’à ce « Where The Oceans End », deuxième album à la douzaine de titres inédits interprétés en un peu plus d’une demi-heure, sonnant l’heure tant attendue d’un premier vrai bilan. Car, on a beau être Cocoon, la seconde étape discographique, toujours synonyme de confirmation, n’en est pas forcément plus facile. Si les plus exigeants auraient peut-être aimé que les clermontois innovent et démangent un peu plus que par le passé, que leur fidèle public se rassure. Cocoon est resté Cocoon: chaleureux, sensible et délicat, un puit sans fond de mélodies qu’il étale avec un naturel déconcertant, pour régaler petits et grands. Ainsi, plutôt que de prendre le moindre risque en dépaysant un auditoire n’appréciant pas particulièrement tanguer, le duo préfère enfoncer le clou, passer des pandas aux baleines, et resservir une nouvelle fois ses ballades acoustiques et mélancoliques (« Sushi », « Cathedral »), comme ses quelques élans de pop folk enjoués (« Comets », « Mother ») que la plupart des acquéreurs de ce disque seront de toute façon venus chercher.

Mais « Where The Oceans End » marque cependant une nette évolution dans cette continuité logique, comme en attestent des titres plus mûrs, plus profonds, et véritablement orchestrés (les superbes « Oh My God » et « I Will Be Gone »), voire tenus d’une main ferme par une Morgane Imbeaud qui n’hésite plus désormais à tenir la barre de l’interprétation (« Dee Doo ») comme de la composition (le final féerique « In My Boat »). Du coup, si Cocoon est resté fidèle à son petit intérieur, il en a quand même nettement amélioré la décoration. Pour cela, il a notamment fait appel à Dickon Hinchliffe (Tindersticks), responsable ici des arrangements de cordes méticuleux qui bordent régulièrement cet album totalement conforme aux prévisions, offrant logiquement au groupe une aura plus grande, plus adulte que par le passé. Ne reste plus qu’à espérer que « Super Powers » ne pousse pas de nouveau Cocoon dans ses récents travers en accompagnant une énième publicité pour corn flakes. Tout cela deviendrait alors vite indigeste.

Disponible sur
itunes

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