Cloud Nothings – ‘Life Without Sound’

Cloud Nothings – ‘Life Without Sound’

Album / Wichita – Pias Coopérative / 27.01.2017
Indie rock

Quand on rencontre Dylan Baldi, il y a comme un océan entre l’allure flegmatique de post adolescent qu’il affiche et la patte qu’il est en train d’imposer sur le rock contemporain. Calme et posé, même un peu dans la lune, avec un détachement dont on ne sait plus très bien s’il s’agit d’insolence ou d’humilité, le natif de Cleveland peut se targuer d’avoir déjà accroché à son palmarès quelques uns des titres les plus accrocheurs de cette première moitié de décennie. Et à voir la réponse que lui offre désormais son public en concert ou en festival, on est désormais très loin des compositions lo-fi qu’il enregistrait avec les moyens du bord il y a encore huit ans. Car depuis tout a changé : celui qui incarne Cloud Nothings a lui tout seul s’est entouré de fidèles compagnons de route également parfaits exécutants, pour sortir deux albums coups de poing – ‘Attack on Memory‘ (2012) et ‘Here And Nowhere Else‘ (2014) – qui n’ont pas manqué de précipiter Baldi dans la cour des grands.

A l’heure ou ‘Life Without Sound’ voit le jour, le groupe ne redistribue pas les cartes mais choisit son jeu. En abandonnant l’âpreté noise rock de ‘Attack on Memory’, et en canalisant l’énergie parfois débordante de ‘Here And Nowhere Else’ pour mieux soigner les mélodies et mettre en avant un chant tout aussi maitrisé qu’assumé, il passe sans encombre l’échelon supérieur, au risque de sonner plus lisse que par le passé. En s’ouvrant sur un piano, l’entame ‘Up To The Surface’ annonce un tournant, revêt une mélancolie nineties piétinée par une basse dansante, sans omettre la singularité d’un Cloud Nothings toujours prêt à décrocher un break à l’intensité croissante : un réflexe qui ponctue tous ses derniers albums et que l’on retrouve une nouvelle fois ici sur la majorité des titres (‘Things Are Right With You’, ‘Strange Year’…).

Si l’on parlait plus volontiers de ‘brûlots’ pour qualifier les morceaux phares des précédents disques, le terme ‘tube’ n’est plus usurpé quand on se jette à corps perdu dans l’écoute de ce nouvel album pourtant loin d’être dépaysant. Ainsi, à quelques bons restes des deux précédents opus dont s’abreuveront ceux passés au rang des détracteurs (‘Darkened Rings’, ‘Sight Unseen’) répondent maintenant des refrains indélébiles (‘Internal World’, ‘Modern Act’), de véritables pépites indie rock qui, à l’image de l’indétronable ‘Enter Entirely’, réjouiront sans aucun doute les sensibilités pop plus exacerbées que cible très clairement ce ‘Life Without Sound’. Reste que, avec son petit sourire en coin, Baldi Le Malin fait encore mouche, et rit quand on lui cherche des poux dans la tête.

‘Up To The Surface’, ‘Internal World’, ‘Enter Entirely’, ‘Modern Act’, ‘Realize My Fate’


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