Clive Hunt – « & The Dub Dancers »

& The Dub Dancers[Album]
05/03/2008
(Makafresh/Pias)

Dans le monde du reggae, si les producteurs restent souvent dans l’ombre des chanteurs pour lesquels ils composent, certains ont tout de même réussi à se forger une solide réputation, étant à l’origine de tubes internationaux ou d’albums mythiques. C’est le cas de Clive Hunt, dont le nom évoque forcément quelque chose à tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu aux origines du genre. Le jamaïcain compte en effet à son actif certaines des plus grandes productions que le reggae ait jamais connues, au premier rang desquelles on trouve l’album légendaire « Satta Massagana » des Abyssinians, « Revelation Time » de Max Romeo, « Break Through » des Slickers, ou, pour puiser dans le plus commercial, le hit « I Can See Clearly Now » de Jimmy Cliff. Clive Hunt a aussi, dans un tout autre registre, su s’exporter à l’étranger en composant notamment pour Bernard Lavilliers, Khaled ou Pierpoljak..

Mais disons qu’avec la sortie de son premier album dub sur Makafresh, nous garderons plutôt en mémoire ses productions roots des seventies… Car incontestablement, ce « Clive Hunt & The Dub Dancers » se place sous le signe d’un retour aux sources, offrant seize titres de pur dub qui renouent, après vingt ans de mise en sourdine du genre en Jamaïque, avec la tradition initiée par le génie King Tubby, tragiquement assassiné en 1989

Entouré pour l’occasion de Sly Dunbar, Leroy « Horsemouth » Wallace et Earl « Chinna » Smith entre autres, Clive Hunt propose ici aux oreilles averties un dub précis et aiguisé, s’inscrivant la fois dans la continuité des heures de gloire du genre et dans une quête d’inventivité digitale. Les fins connaisseurs y reconnaitront sans doute certaines bribes des productions originales de Hunt, enrobées d’effets électriques et planants. Après une intro consacrée à l’histoire du dub reprenant des extraits de titres jamaïcains fondateurs, on se laisse volontiers porter par la fluidité nonchalante et les accents roots de « Dreadnaught Dub », « Dub Tribe » ou encore « Rockers Dub », ou par les basses abyssales et les rythmiques tranchantes d’un « Gangsta Flex Dub ». Cet opus renferme aussi des titres résolument modernes et électroniques, à l’instar du sombre « Bagdad In Dub » et des puissants « Nite Aftah Dub » et « Nite Dub », ainsi que des titres chantés, par Clive Hunt aka Lizzard lui-même (« Satta I », reprenant le titre de l’album éponyme sorti en 1976), ou par Icho Candy dans un « Guns And Guns » sans concession

Au final, certains trouveront peut-être que rien ne vaut le dub originel de Black Ark ou du 18 Drumilly Avenue à Kingston, mais on ne peut que saluer la performance du célèbre producteur, rappelant avec la qualité de son « Clive Hunt & The Dub Dancers » que, si le dub a aujourd’hui acquis ses lettres de noblesse en Europe (et particulièrement en Angleterre), il peut aussi trouver un nouveau souffle sur l’île qui l’a vu naître. Un album événement donc, qui pourrait bien devenir un classique du genre..

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