Clark – ‘Clark’

Album / Warp / 03.11.2014
Sincère condoléances

Ces deux dernières années, le très (trop?) prolifique producteur n’a cessé de sortir des maxis, inédits et autres compilations de remixes plus ou moins dispensables, au point de finir par lasser, de générer une profonde indifférence pour son actualité. Un crève-coeur tant il a contribué à vulgariser un style, jusqu’à devenir reconnaissable entre tous mais aussi, paradoxalement, à se voir diluer parmi une masse de successeurs tous aussi talentueux les uns que les autres.

Voilà donc ‘Clark’, nouveau-né arrivé malgré lui à une heure où on ne l’attendait presque plus, victime de préjugés dont il n’est pas fautif. À son écoute, la question était donc de savoir s’il allait nous faire mentir, nous surprendre, incarner la réinvention de son géniteur qui, s’il n’a que 34 ans, incarne déjà un temps désormais lointain. La réponse n’est pas simple, et probablement pas unique.

À nouveau, le plaisir de retrouver la patte de l’Anglais est réel. Très vite, ce dernier frappe fort avec ‘Winter Linn’, ses basses abrasives et sa mélodie synthétisée qui ont, plus d’une fois, touché leurs auditeurs. Clark est bel et bien de retour, mais le constat n’est pas forcément des plus réjouissants tant cette formule, cette force et ces chemins mélodiques ont été empruntés mille fois par le passé. Or, la suite confirme nos craintes: ‘Unfurla’ et son kick métronomique, ‘Sodium Trimmers’ guère plus qu’un tunnel de fin de soirée abreuvée, ‘Banjo’ et son apparente violence tellurique, plus polie qu’audacieuse…

Tout au long de cet album, Clark se pastiche dans un patchwork de thèmes, de motifs, d’arpèges dont il nous a déjà abreuvés autrefois. N’a t’on pas déjà entendu ‘Beacon’ sur ‘Fantasm Planes’? À moins qu’il ne s’agisse d’’Iradelphic’ ou de ‘Totems Flares’? Et quand il revient à ces élans d’exultation (‘Silvered Iris’, ‘There’s a Distance in You’), ses poussées sont dignes d’un éléphant dans un magasin de porcelaine: rien n’est subtil, suggestif et tout est convenu, attendu.

C’est pourtant avec toute la bonté du monde que ce nouvel album a été disséqué, mais c’en est tout simplement trop. Dans cette énorme matrice logicielle, il n’y a plus de place pour l’humain. Et finalement, ça fait mal de l’écrire, le dernier morceau d’âme servi par Clark figure bien dans ‘Iradelphic’ quand, sincère, il voulut se lancer dans la pop.

‘Winter Linn’

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