Clap Your Hands Say Yeah! – « s/t 67 »

s/t[Album]
17/01/2006
(V2/Sony Bmg)

A en croire leur dossier de presse, Clap Your Hands Say Yeah aurait été conçu dans le ventre de la Baleine Bleue. Ses membres auraient flotté jusqu’à la terre ferme. Seuls cinq seraient arrivés vivant: Alec Ounsworth (guitare, voix), Sean Greenhalgh (batterie et percussions), Tyler Sargent (basse et choeurs), Lee Sargent et Robbie Guertin (guitare, clavier et choeurs). Admettons… Mais force est de reconnaître en écoutant le morceau d’ouverture que si cette histoire ne paraît pas tout à fait authentique, ces cinq naufragés, eux, y croient certainement! « Clap Your Hand! » est un morceau foutraque au possible comme on n’en avait plus entendu depuis le « Yellow Submarine » des Beatles. Une ritournelle entêtante sur laquelle un Monsieur Loyal vraisemblablement sous acides (et ce non-stop depuis l’âge de 5 ans) débite une litanie toute particulière, accompagné par un groupe parti en vrille comme ça n’est pas permis. En fait, on les imaginerait finalement assez bien chanter ça en sortant de la bouche d’une baleine bleue échouée sur le sable du prochain Paris Plage (allez, on croise les doigts). Quelques minutes donc pour réaliser qu’on est sur le point de se prendre une claque comme on aimerait s’en prendre plus souvent. Sauf que dès le second morceau, Ounsworth et Cie tirent une balle dans la tête de la baleine, abandonnent leur déguisement de saltimbanques et, attention Mesdames et Messieurs, revêtent leurs costumes de hérauts du rock indé

« Let The Cool Goddes Rust Away » est un virage à 180° comme on n’a plus l’habitude dans voir au sein d’une carrière, et encore moins au sein d’un album, notamment lorsqu’il s’agit du premier. Quelques notes suffisent à donner le ton. Clap Your Hands Say Yeah condense le meilleur de Modest Mouse (« Over And Over »), de Neutral Milk Hotel, des Talking Heads (« Is This Love? ») et rappelle par certains aspects le REM des années 80 (« The Skin Of My Yellow Country Skin »). La maîtrise dont font preuve ces cinq musiciens américains est impressionnante. Au moins autant que leur capacité à se réapproprier ces sonorités, à les ingurgiter et à en retirer un son bien à eux. Mais la force de CYHSY (prix de l’anagramme le plus imprononçable de ces dernières années) réside dans la voix de Alec Ounsworth. Traînante et nonchalante sur « Over and Over » (un peu comme s’il essayait de chanter en zappant les voyelles… consonne… neuf lettres… pas mieux), flottante sur le bouleversant « Details Of The War », elle sait aussi se parer d’un sens de l’urgence déroutant quand le tempo l’impose. Une maîtrise et une diversité qui devraient faire pâlir plus d’un chanteur monocorde adepte du pathos facile et de l’émotion qui passe dans un regard de bovin

L’album finit, on se surprend à frapper dans ses mains en hurlant « YEAH »! Les enfants de la Baleine Bleue nous avaient prévenu.

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